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vendredi 31 juillet 2015

Albert Samain - Ville morte



Ecouter la version chantée
Interprétation : Martin Bruns
Composition : Philipp Jarnach
- Diffusé par SPOTIFY -



Albert Samain (1858-1900)


Ville morte

Vague, perdue au fond des sables monotones
La Ville d’Autrefois, sans tours et sans remparts,
Dort le sommeil dernier des vieilles Babylones,
Sous le suaire blanc de ses marbres épars.

Jadis elle régnait! Sur ses murailles fortes
La Victoire étendait ses deux ailes de fer,
Tous les peuples d’Asie assiégaient ses cent portes
Et ses grands escaliers descendaient vers la mer.

Vide, à présent, et pour jamais silencieuse
Pierre à pierre elle meurt sous la lune pieuse,
Auprès de son vieux fleuve, ainsi qu’elle épuisé

Et seul, un éléphant de bronze, en ces désastres,
Droit encore au sommet d’un portique brisé,
Lève tragiquement sa trompe vers les astres.



Du même auteur :
Accompagnement
Arpège
Larmes
Soir
Ville morte

lundi 27 juillet 2015

Prévert - La grasse matinée



Ecouter la version chantée
Compositeur : Joseph Kosma
Interprète : Barbarie Crespin
- Diffusé par DEEZER -
Une version plus classique
Compositeur : Joseph Kosma
Interprète : Raymond Voyat
- Diffusé par DEEZER -



Jacques Prévert - (1900-1977)


La grasse matinée

Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
elle est terrible aussi la tête de l'homme
la tête de l'homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière
ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s'en fout de sa tête l'homme
il n'y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n'importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ce vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protégés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
café-crème et croissants chauds
l'homme titube
et dans l'intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !...
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l'assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.


vendredi 24 juillet 2015

Baudelaire - A une Malabaraise


                        Illustration d'André Domain

Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Chelon
Composition : Georges Chelon
- Diffusé par DEEZER -
Interprétation : Richard Ankri
Composition : Richard Ankri
- Diffusé par DEEZER -



Charles Baudelaire - (1821-1867)


A une Malabaraise

Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche
Est Large à faire envie à la plus belle blanche ;
A l'artiste pensif ton corps est doux et cher ;
Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair.

Aux pays chauds et bleus où ton Dieu t'a fait naître,
Ta tâche est d'allumer la pipe de ton maître,
De pourvoir les flacons d'eaux fraîches et d'odeurs,
De chasser loin du lit les moustiques rôdeurs,
Et, dès que le matin fait chanter les platanes,
D'acheter au bazar ananas et bananes.
Tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pieds nus
Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus ;
Et quand descend le soir au manteau d'écarlate,
Tu poses doucement ton corps sur une natte,
Où tes rêves flottants sont pleins de colibris,
Et toujours, comme toi, gracieux et fleuris.

Pourquoi, l'heureuse enfant, veux-tu voir notre France,
Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance,
Et, confiant ta vie aux bras forts des marins,
Faire de grands adieux à tes chers tamarins ?
Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles,
Frissonnante là-bas sous la neige et les grêles,
Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs,
Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs,
Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges
Et vendre le parfum de tes charmes étranges,
L'oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards,
Des cocotiers absents les fantômes épars !



Interprétation : Léo Ferré
Composition : Léo Ferré
- Diffusé par DEEZER -

jeudi 23 juillet 2015

Baudelaire - Sur "Le Tasse en prison"


        Le Tasse en prison par Eugène Delacroix

Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Chelon
Composition : Georges Chelon
- Diffusé par DEEZER -



Charles Baudelaire - (1821-1867)

Sur "Le Tasse en prison"

Le poète au cachot, débraillé, maladif,
Roulant un manuscrit sous son pied convulsif,
Mesure d'un regard que la terreur enflamme
L'escalier de vertige où s'abîme son âme.

Les rires enivrants dont s'emplit la prison
Vers l'étrange et l'absurde invitent sa raison ;
Le Doute l'environne, et la Peur ridicule,
Hideuse et multiforme, autour de lui circule.

Ce génie enfermé dans un taudis malsain,
Ces grimaces, ces cris, ces spectres dont l'essaim
Tourbillonne, ameuté derrière son oreille,

Ce rêveur que l'horreur de son logis réveille,
Voilà bien ton emblème, Ame aux songes obscurs,
Que le Réel étouffe entre ses quatre murs !

lundi 20 juillet 2015

Baudelaire - A une mendiante rousse


        Illustration de Maggy Monier

Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Chelon
Composition : Georges Chelon
- Diffusé par DEEZER -
Interprétation : Richard Ankri
Composition : Richard Ankri
- Diffusé par DEEZER -



Charles Baudelaire - (1821-1867)


A une mendiante rousse

Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté,

Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif,
Plein de taches de rousseur,
A sa douceur.

Tu portes plus galamment
Qu'une reine de roman
Ses cothurnes de velours
Tes sabots lourds.

Au lieu d'un haillon trop court,
Qu'un superbe habit de cour
Traîne à plis bruyants et longs
Sur tes talons ;

En place de bas troués,
Que pour les yeux des roués
Sur ta jambe un poignard d'or
Reluise encor ;

Que des noeuds mal attachés
Dévoilent pour nos péchés
Tes deux beaux seins, radieux
Comme des yeux ;

Que pour te déshabiller
Tes bras se fassent prier
Et chassent à coups mutins
Les doigts lutins,

Perles de la plus belle eau,
Sonnets de maître Belleau
Par tes galants mis aux fers
Sans cesse offerts,

Valetaille de rimeurs
Te dédiant leurs primeurs
Et contemplant ton soulier
Sous l'escalier,

Maint page épris du hasard,
Maint seigneur et maint Ronsard
Épieraient pour le déduit
Ton frais réduit !

Tu compterais dans tes lits
Plus de baisers que de lis
Et rangerais sous tes lois
Plus d'un Valois !

- Cependant tu vas gueusant
Quelque vieux débris gisant
Au seuil de quelque Véfour
De carrefour ;

Tu vas lorgnant en dessous
Des bijoux de vingt-neuf sous
Dont je ne puis, oh ! pardon !
Te faire don.

Va donc ! sans autre ornement,
Parfum, perles, diamant,
Que ta maigre nudité,
Ô ma beauté !



Interprétation : Jean-Louis Murat
Composition : Léo Ferré
- Diffusé par DEEZER -

jeudi 16 juillet 2015

Norge - Jehan l'advenu


 Peu de compositeurs, comme Jacques Yvart, ont été interprétés par Georges Brassens

Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Brassens
Composition : Jacques Yvart
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Jacques Yvart
Composition : Jacques Yvart
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : James Ollivier
Composition : Jacques Yvart
- Diffusé par DEEZER -




Norge - (1898-1990)


Jehan l'advenu

Puis il revint comme il était parti :
Bon pied, bon œil, personne d'averti.
Aux dents, toujours la vive marguerite,
Aux yeux, toujours la flamme qui crépite.

Mit sur ta lèvre, Aline, un long baiser,
Mit sur la table un peu d'or étranger,
Chanta, chanta deux chansons de marine,
S'alla dormir dans la chambre enfantine.

Rêva tout haut d'écume et de cavale,
S'entortilla dans d'étranges rafales.
Puis au réveil, quand l'aube se devine,
Chanta, chanta deux chansons de marine.

Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.
Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.


lundi 13 juillet 2015

Couté - Va danser

Lithographie d'Edmond Heuzé d'après l'oeuvre de Gaston Couté


sur DEEZER
Interprétation :
Monique Morelli
Composition :
Marcel Legay

sur DEEZER
Interprétation :
Edith Piaf
Composition :
Marcel Legay

sur DEEZER
Interprétation :
Jacques Douai
Composition :
Marcel Legay



Gaston Couté - (1880-1911)


Va danser

Au mois d’août, en fauchant le blé,
On crevait de soif dans la plaine.
Le corps en feu je suis allé
Boire à plat ventre à la fontaine.
L’eau froide m’a glacé les sangs
Et je meurs par ce tendre d’automne
Où l’on danse devant la tonne
Durant les beaux soirs finissants.

J’entends les violons, Marie.
Va, petiote que j’aimais bien;
Moi, je n’ai plus besoin de rien.
Va-t-en danser à la frairie.
J’entends les violons, Marie.


Veux-tu bien me sécher ces pleurs?
Les pleurs enlaidissent les belles!
Mets ton joli bonnet à fleurs
Et ton devantier en dentelle.
Rejoins les jeunesses du bourg
Au bourg où l’amour les enivre,
Car, si je meurs, il te faut vivre...
Et l’on ne vit pas sans amour!

Entre dans la ronde gaiement,
Choisis un beau gars dans la ronde
Et donne-lui ton cœur aimant
Qui resterait seul en ce monde.
Oui, j’étais jaloux, cet été,
Quand un autre t’avait suivie,
Mais on ne comprend bien la vie
Que sur le point de la quitter.

Après ça, tu te marieras,
Et quand la moisson sera haute,
Avec ton homme aux rudes bras,
Moissonnant un jour côte à côte,
Vous viendrez peut-être à parler,
Émus de pitié grave et sobre,
De Jean qui mourut en octobre,
D’un mal pris en fauchant les blés.




sur DEEZER
Interprétation :
Yvonne Darle
Composition :
Marcel Legay

sur DEEZER
Interprétation :
Patachou
Composition :
Marcel Legay

sur DEEZER
Interprétation :
Marcel Amont
Composition :
Marcel Legay

Du même auteur :
Cour Cheverny
Jour de lessive
L'amour anarchiste
La chanson des fusils
La cigarette
La dernière bouteille
Le patois de chez nous
Le vieux trouvère
Les cailloux
Nos vingt ans
Va danser

samedi 11 juillet 2015

Max Elskamp - Et chacun faisant son métier


        Claude Monet en son jardin de Giverny

Ecouter la version chantée
Composée et interprétée
par Julos Beaucarne
- Diffusé par DEEZER -



Max Elskamp - (1862-1931)


Et chacun faisant son métier

Et chacun faisant son métier,
voici planter le jardinier
selon sa vie,
d’être aux plantes, avec ses mains,
doux et bon comme à des humains,
sous le soleil et sous la pluie,

en son royaume des jardins,
des parterres et des chemins
où tout concerte :
tonnelles, quinconces, berceaux,
et par ses soins, branches, rameaux,
pour faire, à tous, musique verte.


Or c’est ici ses harmonies
et voyez, lors, et tout en vie,
chanter les fleurs ;
Puis, pour l’ornement du feuillage,
mûrir les fruits, sur les treillages,
en senteurs, parfums et couleurs ;

et yeux alors, comme un dimanche,
voici fête d’arbres et branches
de toute part,
et la terre comme embellie
de tant de choses accomplies
par ses mains et selon son art.