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mercredi 26 novembre 2014

Armand Silvestre - Le Ramier



Ecouter la version chantée
Interprétation : Yann Beuron
Composition : Gabriel Fauré
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Mikrokosmos
Composition : Gabriel Fauré
- Diffusé par DEEZER -



Armand Silvestre - (1837-1901)


Le Ramier

Avec son chant doux et plaintif,
Ce ramier blanc te fait envie.
S'il te plait l'avoir pour captif,
J'irai te le chercher, Sylvie.

Mais là, près de toi, dans mon sein,
Comme ce ramier mon coeur chante.
S'il t'en plait faire le larcin,
Il sera mieux à toi, méchante!

Pour qu'il soit tel qu'un ramier blanc,
Le prisonnier que tu recèles,
Sur mon coeur, oiselet tremblant,
Pose tes mains comme deux ailes.



Du même auteur :
Automne
Le plus doux chemin
Le ramier
Le secret
Les voyageur
Madrigal
Noël païen
Voici que les grands lys

lundi 24 novembre 2014

Armand Silvestre - Le plus doux chemin



Ecouter la version chantée
Interprétation : Mikrokosmos
Composition : Gabriel Fauré
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Yann Beuron
Composition : Gabriel Fauré
- Diffusé par DEEZER -



Armand Silvestre (1837-1901)


A mes pas le plus doux chemin

A mes pas le plus doux chemin
Mène à la porte de ma belle,
Et, bien qu'elle me soit rebelle,
J'y veux encor passer demain.

Il est tout fleuri de jasmin
Au temps de la saison nouvelle,
Et, bien qu'elle me soit cruelle
J'y passe, des fleurs à la main.

Pour toucher son coeur inhumain
Je chante ma peine cruelle,
Et, bien qu'elle me soit rebelle,
C'est pour moi le plus doux chemin.



Du même auteur :
Automne
Le plus doux chemin
Le ramier
Le secret
Les voyageur
Madrigal
Noël païen
Voici que les grands lys

mercredi 19 novembre 2014

Aragon - Epilogue


        Francesca Solleville sur le pont des arts pas encore cadenassé.

Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Jean Ferrat
Composition : Jean Ferrat



Louis Aragon - (1897-1982)


Epilogue

La vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent
Les courants d'air claquent les portes et pourtant aucune chambre n'est fermée
Il s'y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés
Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu'on n'en peut plus baisser la herse

Quand j'étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
Ah comme j'y ai cru comme j'y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
Et ce qu'il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous n'aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

Bien sûr bien sûr vous me direz que c'est toujours comme cela mais justement
Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l'engrenage
Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
Est - ce qu'on peut avoir le droit au désespoir le droit de s'arrêter un moment

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d'épouvantables
Car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien

Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
Rappelez vous que nous avons aussi connu cela que d'autres sont montés
Arracher le drapeau de servitude à l'Acropole et qu'on les a jetés
Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l'histoire

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
En face pour savoir en triompher Le chant n est pas moins beau quand il décline
Il faut savoir ailleurs l'entendre qui renaît comme l'écho dans les collines
Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l'ensemble des chants

Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu'une voix se taise
Sachez le toujours le choeur profond reprend la phrase interrompue
Du moment que jusqu'au bout de lui même le chanteur a fait ce qu'il a pu
Qu'importe si chemin faisant vous allez m'abandonner comme une hypothèse

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre


lundi 17 novembre 2014

Verlaine - Les chères mains qui furent miennes



Ecouter la version chantée
Interprétation : Jean-François Lapointe
Composition : André Mathieu
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)


Les chères mains qui furent miennes

Les chères mains qui furent miennes,
Toutes petites, toutes belles,
Après ces méprises mortelles
Et toutes ces choses païennes,

Après les rades et les grèves,
Et les pays et les provinces,
Royales mieux qu'au temps des princes,
Les chères mains m'ouvrent les rêves.

Mains en songe, mains sur mon âme,
Sais-je, moi, ce que vous daignâtes,
Parmi ces rumeurs scélérates,
Dire à cette âme qui se pâme ?

Ment-elle, ma vision chaste
D'affinité spirituelle,
De complicité maternelle,
D'affection étroite et vaste ?

Remords si cher, peine très bonne,
Rêves bénis, mains consacrées,
Ô ces mains, ces mains vénérées,
Faites le geste qui pardonne !


vendredi 14 novembre 2014

Verlaine - L'ombre des arbres



Ecouter la version chantée
Interprétation : Jean-François Lapointe
Composition : Reynaldo Hahn
- Diffusé par DEEZER -
Interprétation : Suzanne Danco
Composition : Claude Debussy
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)


L'ombre des arbres (Paysage triste)

L'ombre des arbres dans la rivière embrumée
Meurt comme de la fumée,
Tandis qu'en l'air, parmi les ramures réelles,
Se plaignent les tourterelles.

Combien, ô voyageur, ce paysage blême
Te mira blême toi-même,
Et que tristes pleuraient dans les hautes feuillées, -
Tes espérances noyées.


mercredi 12 novembre 2014

Rimbaud - Ophélie

        Ophélie Parmi les fleurs - Odilon Redon

Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Richard Ankri
Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Jean-Marc Versini



Arthur Rimbaud (1854 – 1891)


Ophélie

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l’Infini terrible effara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.



Ecouter sur DEEZER
Interprété par Colombe Frezin
Musique de Serge Renard
Une version moderne
interprétée par Adov Carillon
- Diffusé par DEEZER -

mardi 11 novembre 2014

Verlaine - L'heure du berger



Ecouter la version chantée
Interprétation : Jean Sebastien Bou
Composition : Charles Bordes
- Diffusé par DEEZER -
Interprétation : Mireille Delunsch
Composition : Louis Vierne
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine (1844-1896)


L'heure du berger

La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S'endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leur spectres incertains ;
Vers les buissons errent les lucioles ;

Les chats-huants s'éveillent, et sans bruit
Rament l'air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s'emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c'est la Nuit.



Interprétation : jean-Francois Gardeil
Composition : Guy Sacre
- Diffusé par DEEZER -
Interprétation : Mercedes Dias Chopite
Composition : Albéniz
- Diffusé par DEEZER -

vendredi 7 novembre 2014

La Fontaine - Le lion amoureux


        Françoise de Sévigné par Mignard - Musée Carnavalet

Ecouter la version chantée
de Monomotapa
Composition : Jean Chavot
- Diffusé par DEEZER -



Jean de la Fontaine - (1621-1695)


Le lion amoureux

À Mademoiselle de Sévigné

Sévigné, de qui les attraits
Servent aux grâces de modèle,
Et qui naquîtes toute belle,
À votre indifférence près,
Pourriez-vous être favorable
Aux jeux innocents d'une Fable,
Et voir, sans vous épouvanter,
Un Lion qu'Amour sut dompter ?
Amour est un étrange maître.
Heureux qui peut ne le connaître
Que par récit, lui ni ses coups !
Quand on en parle devant vous,
Si la vérité vous offense,
La Fable au moins se peut souffrir :
Celle-ci prend bien l'assurance
De venir à vos pieds s'offrir,
Par zèle et par reconnaissance.

Du temps que les bêtes parlaient,
Les Lions, entre autres, voulaient
Être admis dans notre alliance.
Pourquoi non ? Puisque leur engeance
Valait la nôtre en ce temps-là,
Ayant courage, intelligence,
Et belle hure outre cela.
Voici comment il en alla.

Un Lion de haut parentage,
En passant par un certain pré,
Rencontra Bergère à son gré :
Il la demande en mariage.
Le père aurait fort souhaité
Quelque gendre un peu moins terrible.
La donner lui semblait bien dur ;
La refuser n'était pas sûr ;
Même un refus eût fait, possible,
Qu'on eût vu quelque beau matin
Un mariage clandestin.
Car outre qu'en toute manière
La belle était pour les gens fiers,
Fille se coiffe volontiers
D'amoureux à longue crinière.
Le Père donc ouvertement
N'osant renvoyer notre amant,
Lui dit : Ma fille est délicate ;
Vos griffes la pourront blesser
Quand vous voudrez la caresser.
Permettez donc qu'à chaque patte
On vous les rogne, et pour les dents
Qu'on vous les lime en même temps.
Vos baisers en seront moins rudes,
Et pour vous plus délicieux ;
Car ma fille y répondra mieux,
Étant sans ces inquiétudes.
Le Lion consent à cela,
Tant son âme était aveuglée !
Sans dents ni griffes le voilà,
Comme place démantelée.
On lâche sur lui quelques chiens :
Il fit fort peu de résistance.
Amour, amour, quand tu nous tiens,
On peut bien dire : Adieu prudence.