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jeudi 28 avril 2016

Marguerite de Navarre - Chant d'amarissime


Ecouter la version chantée
Interprétation : Chantal Grimm
Composition : Chantal Grimm
- Diffusé par DEEZER -



Marguerite de Navarre - (1492-1549)


Chant d'amarissime

Autres pensées faites un mois après la mort du roi


Las ! tant malheureuse je suis,
Que mon malheur dire ne puis,
Sinon qu'il est sans espérance :
Désespoir est déjà à l'huis
Pour me jeter au fond du puits
Où n'a d'en saillir apparence.

Tant de larmes jettent mes yeux
Qu'ils ne voient terre ni cieux,
Telle est de leur pleur abondance.
Ma bouche se plaint en tous lieux,
De mon coeur ne peut saillir mieux
Que soupirs sans nulle allégeance.

Tristesse par ses grands efforts
A rendu si faible mon corps
Qu'il n'a ni vertu ni puissance.
Il est semblable à l'un des morts,
Tant que le voyant par dehors,
L'on perd de lui la connaissance.

Je n'ai plus que la triste voix
De laquelle crier m'en vois,
En lamentant la dure absence.
Las ! de celui pour qui vivais
Que de si bon coeur je voyais,
J'ai perdu l'heureuse présence !


Sûre je suis que son esprit
Règne avec son chef Jésus-Christ,
Contemplant la divine essence.
Combien que son corps soit prescrit,
Les promesses du saint Écrit
Le font vivre au ciel sans doutance.

Tandis qu'il était sain et fort,
La foi était son réconfort,
Son Dieu possédait par créance.
En cette foi vive il est mort,
Qui l'a conduit au très sûr port,
Où il a de Dieu jouissance.

Mais, hélas ! mon corps est banni
Du sien auquel il fut uni
Depuis le temps de notre enfance !
Mon espoir aussi est puni,
Quand il se trouve dégarni
Du sien plein de toute science.


Esprit et corps de deuil sont pleins,
Tant qu'ils sont convertis en plains ;
Seul pleurer est ma contenance.
Je crie par bois et par plains,
Au ciel et terre me complains,
A rien fors à mon deuil ne pense.

Mort, qui m'a fait si mauvais tour
D'abattre ma force et ma tour,
Tout mon refuge et ma défense,
N'as su ruiner mon amour
Que je sens croître nuit et jour,
Qui ma douleur croît et avance.


Mon mal ne se peut révéler,
Et m'est si dur à l'avaler,
Que j'en perds toute patience.
Il ne m'en faut donc plus parler,
Mais penser de bientôt aller,
Où Dieu l'a mis par sa clémence.

Ô Mort, qui le frère a dompté,
Viens donc par ta grande bonté
Transpercer la soeur de ta lance.
Mon deuil par toi soit surmonté ;
Car quand j'ai bien le tout compté,
Combattre te veux à outrance.

Viens doncques, ne retarde pas,
Mais cours la poste à bien grands pas,
Je t'envoie ma défiance.
Puisque mon frère est en tes lacs,
Prends-moi, afin qu'un seul soulas*
Donne à tous deux éjouissance.


mercredi 27 avril 2016

Max Jacob - La chanson de Marianne


        Edgar Degas - Le champ de courses
Ecouter la version chantée
Interprétation : Alain Souchon
Composition : Louis Bessières
- Diffusé par DEEZER -



Max Jacob - (1876-1944)


La chanson de Marianne

Marianne avait un cheval blanc,
Marianne avait un cheval blanc.
Noir par derrière rouge devant,
Noir par derrière rouge devant.

Il avait une crinière,
Comme une crémaillère.
Il avait une étoile au front,
Du crin sur les boulons.

Il avait des sabots grenat,
Il avait des sabots grenat,
De la même couleur que vos bas,
De la même couleur que vos bas.

Où allez-vous Marianne,
Avec votre alezane ?
Où allez-vous Marianne Duclos
En sortant de l'enclos ?

Je vais au champ de courses de Quimper,
Je vais au champ de courses de Quimper.
Voir s'il a beaucoup plu hier,
Voir s'il a beaucoup plu hier.

S'il n'y a pas de crotte,
Je ferai un peu de trotte,
Mais s'il n'y a pas moyen de marcher,
J'irai jusqu'au marché.

Marianne la route de l'hippodrome,
Marianne la route de l'hippodrome,
N'est pas celle du marché couvert.
N'est pas celle du marché couvert.

Tout chemin mène à Rome,
Monsieur de Ric en Drôme.
Tenez mon cheval par la main,
D'ici jusqu'au chemin.

Mais le cheval prit le galop,
Mais le cheval prit le galop,
Et Marianne faisait des signaux,
Et Marianne faisait des signaux.

Messieurs de la voiture,
Arrêtez ma monture,
Arrêtez ma monture.
J'ai peur de tomber tout à l'heure.

Elle n'avait pas fini ces mots,
Elle n'avait pas fini ces mots,
Qu'elle était devant les sabots,
Qu'elle était devant les sabots.

Elle est tombée la brune,
Vite dans la tribune,
Dans la tribune du préfet,
Qu'est justement dressée.

Marianne avait un amoureux,
Marianne avait un amoureux,
Qui pleura les pleurs de ses yeux,
Qui pleura les pleurs de ses yeux.

Que personne ne sorte.
Marianne Duclos est morte.
Moi je vais me faire engager,
Dans les chasseurs à pied.



Ecouter la version chantée
Interprétation : Jacques Douai
Composition : Jacques Douai
- Diffusé par DEEZER -

Du même auteur :
Cimetière
Exhortation
Il se peut
Invitation au voyage
La chanson de Marianne
Que penser de mon salut
Le petit paysan
Villonelle

mardi 26 avril 2016

Max Jacob - Villonelle


Ecouter la version chantée
Interprétation : Jacques Douai
Composition : R. Bludnick
- Diffusé par DEEZER -



Max Jacob - Le laboratoire central


Villonelle

Dis-moi quelle fut la chanson
Que chantaient les belles sirènes
Pour faire pencher des trirèmes
Les Grecs qui lâchaient l'aviron

Achille qui prit Troie, dit-on,
Dans un cheval bourré de son
Achille fut grand capitaine
Or, il fut pris par des chansons
Que chantaient des vierges hellènes
Dis-moi, Vénus, je t'en supplie
Ce qu'était cette mélodie.

Un prisonnier dans sa prison
En fit une en Tripolitaine
Et si belle que sans rançon
On le rendit à sa marraine
Qui pleurait contre la cloison.

Nausicaa à la fontaine
Pénélope en tissant la laine
Zeuxis peignant sur les maisons
Ont chanté la faridondaine !...
Et les chansons des échansons ?

Échos d'échos des longues plaines
Et les chansons des émigrants !
Où sont les refrains d'autres temps
Que l'on a chantés tant et tant ?
Où sont les filles aux belles dents
Qui l'amour par les chants retiennent ?
Et mes chansons ? qu'il m'en souvienne !



Du même auteur :
Cimetière
Exhortation
Il se peut
Invitation au voyage
La chanson de Marianne
Que penser de mon salut
Le petit paysan
Villonelle

lundi 25 avril 2016

Gaston Couté - La Julie jolie


        Interprété par Edith Piaf - Musique: Léo Daniderff, 1936


sur SPOTIFY
Interprétation :
Suzy Solidor
Composition :
Léo Daniderff

sur SPOTIFY
Interprétation :
René Louis Lafforgue
Composition :
Léo Daniderff

sur SPOTIFY
Interprétation :
Le P'tit Crème
Composition :
Le P'tit Crème



Gaston Couté - (1880-1911)


La Julie jolie

A la luée de la Saint-Jean
Un fermier qui se raclait des rentes
Dans le champ de misère des pauvres gens
Alla s'enquérir d'une servante
Après avoir hoché longtemps
Pour quatre paires de sabiots par an
Avec la croûte, et puis le logement
Il fit embauche de la Julie
La Julie, qu'était si jolie...

Il l'employa sans un brin de repos
Du fin matin à la nuit grande
A mener pâturer les bestiaux
Dans l'herbe déleudée de la lande
Mais un soir qu'il était tout joyeux
D'avoir liché quelques coups de vin
Il se sentit devenir amoureux
Et sauta dans le lit de la Julie
La Julie, qu'était si jolie...

Depuis ce jour-là devenu fou d'amour
Il t'y paya des amusettes
Des affutiaux que l'orfève du bourg
Vous compte toujours des yeux de la tête
Puis vendit brêmailles et genêts
Vendit sa lande et son troupet
A seule fin de se faire des jaunets
Pour mettre dans le bas blanc de la Julie
La Julie, qu'était si jolie...

Si bien qu'un coup qu'il eut plus rien
Il eut vendu jusqu'à sa ferme
A le mit dehors au vent du chemin
Comme un gars qui paie plus son terme
Mais ce jour-là c'était la Saint-Jean
Pour quatre paires de sabiots par an
Avec la croûte et puis le logement
Il s'embaucha chez la Julie
La Julie, qu'était si jolie...



Du même auteur :
Cour Cheverny
Jour de lessive
L'amour anarchiste
La chanson des fusils
La cigarette
La dernière bouteille
La Julie jolie
Le patois de chez nous
Le vieux trouvère
Les cailloux
Nos vingt ans
Va danser

dimanche 24 avril 2016

Marguerite de Navarre - Chant de la ravie de Dieu


        Marguerite de Navarre par Clouet

Ecouter la version chantée
Interprétation : Chantal Grimm
Composition : Chantal Grimm
- Diffusé par DEEZER -



Marguerite de Navarre - (1492-1549)


Chant de la ravie de Dieu

Qui vit d'amour a le bien coeur joyeux
Qui tient d'amour ne peut désirer mieux
Qui sait d'amour n'ignore nul savoir
Qui voit amour a toujours riants yeux
Qui baise amour il passe dans les cieux
Qi vainc amour il a parfait pouvoir
Qui aime amour accomplit son devoir
Qui est porté d'amour n'a nulle peine
Qui peut amour embrasser prendre et voir
Est rempli de grâce souveraine


samedi 23 avril 2016

Maupassant - Désirs


        Composé et interprété par Philippe Cazier




Guy de Maupassant - (1850-1893)


Désirs

Le rêve pour les uns serait d’avoir des ailes,
De monter dans l’espace en poussant de grands cris,
De prendre entre leurs doigts les souples hirondelles,
Et de se perdre, au soir, dans les cieux assombris.

D’autres voudraient pouvoir écraser des poitrines
En refermant dessus leurs deux bras écartés ;
Et, sans ployer des reins, les prenant aux narines,
Arrêter d’un seul coup les chevaux emportés.

Moi ; ce que j’aimerais, c’est la beauté charnelle :
Je voudrais être beau comme les anciens dieux,
Et qu’il restât aux coeurs une flamme éternelle
Au lointain souvenir de mon corps radieux.

Je voudrais que pour moi nulle ne restât sage,
Choisir l’une aujourd’hui, prendre l’autre demain ;
Car j’aimerais cueillir l’amour sur mon passage,
Comme on cueille des fruits en étendant la main.

Ils ont, en y mordant, des saveurs différentes ;
Ces arômes divers nous les rendent plus doux.
J’aimerais promener mes caresses errantes
Des fronts en cheveux noirs aux fronts en cheveux roux.

J’adorerais surtout les rencontres des rues,
Ces ardeurs de la chair que déchaîne un regard,
Les conquêtes d’une heure aussitôt disparues,
Les baisers échangés au seul gré du hasard.

Je voudrais au matin voir s’éveiller la brune
Qui vous tient étranglé dans l’étau de ses bras ;
Et, le soir, écouter le mot que dit tout bas
La blonde dont le front s’argente au clair de lune.

Puis, sans un trouble au coeur, sans un regret mordant,
Partir d’un pied léger vers une autre chimère.
– Il faut dans ces fruits-là ne mettre que la dent :
On trouverait au fond une saveur amère.


vendredi 22 avril 2016

Hugo - Ami, j'ai quitté vos fêtes



Ecouter la version chantée
Composé et interprété
par Roger Lahaye
- Diffusé par DEEZER -




Victor Hugo - (1802-1885)


Ami, j'ai quitté vos fêtes

Ami, j'ai quitté vos fêtes.
Mon esprit, à demi-voix,
Hors de tout ce que vous faites,
Est appelé par les bois.

J'irai, loin des murs de marbre,
Tant que je pourrai marcher,
Fraterniser avec l'arbre,
La fauvette et le rocher.

Je fuirai loin de la ville
Tant que Dieu clément et doux
Voudra me mettre un peu d'huile
Entre les os des genoux.


Ne va pas croire du reste
Que, bucolique et hautain,
J'exige, pour être agreste,
Le vieux champ grec ou latin ;

Ne crois pas que ma pensée,
Vierge au soupir étouffé,
Ne sachant où prendre Alcée,
Se rabatte sur d'Urfé ;

Ne crois pas que je demande
L'Hémus où Virgile erra.
Dans de la terre normande
Mon églogue poussera.

Pour mon vers, que l'air secoue,
Les pommiers sont suffisants ;
Et mes bergers, je l'avoue,
Ami, sont des paysans.


Mon idylle est ainsi faite ;
Franche, elle n'a pas besoin
D'avoir dans son miel l'Hymète
Et l'Arcadie en son foin.

Elle chante, et se contente,
Sur l'herbe où je viens m'asseoir,
De l'haleine haletante
Du boeuf qui rentre le soir.

Elle n'est point misérable
Et ne pense pas déchoir
Parce qu'Alain, sous l'érable,
Ôte à Toinon son mouchoir.

Elle honore Théocrite ;
Mais ne se fâche pas trop
Que la fleur soit Marguerite
Et que l'oiseau soit Pierrot.

J'aime les murs pleins de fentes
D'où sortent les liserons,
Et les mouches triomphantes
Qui soufflent dans leurs clairons.


J'aime l'église et ses tombes,
L'invalide et son bâton ;
J'aime, autant que les colombes
Qui jadis venaient, dit-on,

Conter leurs métempsycoses
À Terpandre dans Lesbos,
Les petites filles roses
Sortant du prêche en sabots.

J'aime autant Sedaine et Jeanne
Qu'Orphée et Pratérynnis.
Le blé pousse, l'oiseau plane,
Et les cieux sont infinis.



Ecouter la version chantée
Composé et interprété
par Roger Lahaye
- Diffusé par SPOTIFY -

jeudi 21 avril 2016

Apollinaire - La mésange


Version guitare et chant
Interprétation : Richard Ankri
Composition : Richard Ankri
- Diffusé par DEEZER -



Guillaume Apollinaire - (1880-1918)


La mésange

Les soldats s’en vont lentement
Dans la nuit trouble de la ville
Entends battre mon cœur d’amant
Ce cœur en vaut bien plus de mille
Puisque je t’aime éperdument

Je t’aime éperdument ma chère
J’ai perdu le sens de la vie
Je ne connais plus la lumière
Puisque l’Amour est mon envie
Mon soleil et ma vie entière

Écoute-le battre mon cœur
Un régiment d’artillerie
En marche mon cœur d’Artilleur
Pour toi se met en batterie
Écoute-le petite sœur

Petite sœur je te prends toute
Tu m’appartiens je t’appartiens
Ensemble nous faisons la route
Et dis-moi de ces petits riens
Qui consolent qui les écoute

Un tramway descend vitement
Trouant la nuit la nuit de verre
Où va mon cœur en régiment
Tes beaux yeux m’envoient leur lumière
Entends battre mon cœur d’amant

Ce matin vint une mésange
Voleter près de mon cheval
C’était peut-être un petit ange
Exilé dans le joli val
Où j’eus cette vision étrange

Ses yeux c’était tes jolis yeux
Son plumage ta chevelure
Son chant les mots mystérieux
Qu’à mes oreilles on susurre
Quand nous sommes bien seuls tous deux

Dans le vallon j’étais tout blême
D’avoir chevauché jusque-là
Le vent criait un long poème
Au soleil dans tout son éclat
Au bel oiseau j’ai dit "Je t’aime"