Fonction GrooveShark

Cliquer sur un auteur pour lire et entendre chanter ses textes

Apollinaire Guillaume (27) Aragon Louis (50) Banville Théodore de (21) Baudelaire Charles (59) Beart Guy (5) Belleau Rémy (4) Beranger (6) Berimont Luc (6) Bourget Paul (5) Brassens Georges (31) Brel Jacques (8) Bruant Aristide (4) Cabrel Francis (5) Cadou René-Guy (8) Carco Francis (5) Carême Maurice (4) Caussimon Jean-Roger (5) Chateaubriand (4) Chénier André (3) Claudel Paul (6) Cocteau Jean (4) Coppée Francois (7) Corbière Tristan (7) Corneille (3) Couté Gaston (11) Cros Charles (8) De Baïf (4) Desbordes-Valmore Marceline (9) Desnos Robert (8) Dimey Bernard (8) Du Bellay Joachim (5) Eluard Paul (22) Ferré Léo (6) Florian Claris de (4) Fort Paul (7) Gautier Théophile (23) Genet Jean (4) Gerard Rosemonde (4) Haraucourt Edmond (5) Hugo Victor (72) Jacob Max (6) Jammes Francis (4) La Fontaine Jean de (20) Labé Louise (7) Laforgue Jules (4) Lahor jean (3) Lamartine Alphonse de (18) Leclerc Félix (4) Leconte de Lisle (11) Luce Renan (3) Mac Orlan Pierre (5) Machaut Guillaume de (6) Malherbe Francois de (4) Mallarmé Stéphane (5) Marot Clément (17) Mendès Catulle (6) Morand Paul (3) Musset Alfred de (21) Nerval Gérard de (19) Noailles Anna de (6) Nougaro Claude (6) Orléans Charles d' (16) Prévert Jacques (19) Queneau Raymond (5) Racine Jean (4) Radiguet Raymond (4) Regnier Henri de (5) Richard Zachary (3) Richepin Jean (6) Rimbaud Arthur (35) Ronsard Pierre de (46) Rostand Edmond (3) Saint-Amant (3) Samain Albert (4) Silvestre Armand (8) Souchon Alain (4) Sully Prudhomme (10) Supervielle Jules (5) Toulet Paul-Jean (4) Trenet Charles (5) Valery Paul (3) Verhaeren Emile (5) Verlaine Paul (50) Vian Boris (6) Vigneault Gilles (5) Vigny Alfred de (3) Villon Francois (20) Vilmorin Louise de (3)

jeudi 5 mars 2015

Verlaine - Un grand sommeil noir


        Paul Verlaine - Gravure d'après une toile perdue de Cesare Bacchi

Ecouter sur Spotify
Album : Green - Melodies françaises
Interprète : Philippe Jaroussky
Compositeur : Edgard Varèse
Ecouter sur Spotify
Album : Green - Melodies françaises
Interprète : Philippe Jaroussky
Compositeur : Arthur Honegger



Paul Verlaine - (1844-1896)


Un grand sommeil noir

Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie :
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie !

Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
O la triste histoire !

Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau :
Silence, silence !



Ecouter la version chantée
Interprétation : Marco Momi
Composition : Maurice Ravel
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Mireille Delunsch
Composition : Louis Vierne
- Diffusé par DEEZER -

mercredi 4 mars 2015

Aragon - Santa Espina


Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Monique Morelli
Composition : Lino Léonardi



Louis Aragon - (1897-1982)


Santa Espina

Je me souviens d'un air qu'on ne pouvait entendre
Sans que le coeur battît et le sang fût en feu
Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre
Et l'on savait enfin pourquoi le ciel est bleu

Je me souviens d'un air pareil à l'air du large
D'un air pareil au cri des oiseaux migrateurs
Un air dont le sanglot semble porter en marge
La revanche de sel des mers sur leurs dompteurs

Je me souviens d'un air que l'on sifflait dans l'ombre
Dans les temps sans soleils ni chevaliers errants
Quand l'enfance pleurait et dans les catacombes
Rêvait un peuple pur à la mort des tyrans

Il portait dans son nom les épines sacrées
Qui font au front d'un dieu ses larmes de couleur
Et le chant dans la chair comme une barque ancrée
Ravivait sa blessure et rouvrait sa douleur

Personne n'eût osé lui donner des paroles
A cet air fredonnant tous les mots interdits
Univers ravagé d'anciennes véroles
Il était ton espoir et tes quatre jeudis

Je cherche vainement ses phrases déchirantes
Mais la terre n'a plus que des pleurs d'opéra
Il manque au souvenir de ses eaux murmurantes
L'appel de source en source au soir des ténoras

O Sainte Epine ô Sainte Epine recommence
On t'écoutait debout jadis t'en souviens-tu
Qui saurait aujourd'hui rénover ta romance
Rendre la voix aux bois chanteurs qui se sont tus

Je veux croire qu'il est encore des musiques
Au coeur mystérieux du pays que voilà
Les muets parleront et les paralytiques
Marcheront un beau jour au son de la cobla

Et l'on verra tomber du front du Fils de l'Homme
La couronne de sang symbole du malheur
Et l'Homme chantera tout haut cette fois comme
Si la vie était belle et l'aubépine en fleurs



Du même auteur :
Au bout de mon âge
Blues
C (J'ai traversé Les Ponts de Cé)
Carco
Chagall
Chanson noire
Dans le silence de la ville
Elsa
Elsa mon eau vive
Enfer-les-Mines
Epilogue
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Il faisait si beau ce matin
Il n'aurait fallu
Il n’y a pas d’amour heureux
J'entends, j'entends
J'arrive où je suis étranger
Je chante pour passer le temps
L'Affiche Rouge
L'étrangère
La rose du premier de l'an
La rose et le réséda
Le conscrit des cent villages
Le feu
Le figuier
Le tiers chant
Les larmes se ressemblent
Les mains d'Elsa
Les oiseaux déguisés
Les poètes
Les yeux d'Elsa
Maintenant que la Jeunesse
Marguerite Marie et Madeleine
Meinert Hobbema
Odeur des myrtils
On voit des marquis sur des bicyclettes
Paris 42
Que serais-je sans toi
Richard II Quarante
Rire et pleurer
Robert Le Diable
Santa Espina
Second intermède
Tu avais beau faire
Tu n'en reviendras pas
Un air d'octobre
Un grand champ de lin bleu
Un homme passe sous la fenêtre...
Un jour j'ai cru te perdre
Un jour un jour

lundi 2 mars 2015

Verlaine - N'est-ce pas ?


  Compositeur : Nicolas Decker - Interprète : Emmanuelle Drouet

Ecouter la version chantée
Interprétation : Julos Beaucarne
Composition : Julos Beaucarne
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Magali Léger
Composition : Gabriel Fauré
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)


N'est-ce pas ?

N'est-ce pas ? en dépit des sots et des méchants
Qui ne manqueront pas d'envier notre joie,
Nous serons fiers parfois et toujours indulgents.

N'est-ce pas ? nous irons, gais et lents, dans la voie
Modeste que nous montre en souriant l'Espoir,
Peu soucieux qu'on nous ignore ou qu'on nous voie.

Isolés dans l'amour ainsi qu'en un bois noir,
Nos deux coeurs, exhalant leur tendresse paisible,
Seront deux rossignols qui chantent dans le soir.

Quant au Monde, qu'il soit envers nous irascible
Ou doux, que nous feront ses gestes ? Il peut bien,
S'il veut, nous caresser ou nous prendre pour cible.

Unis par le plus fort et le plus cher lien,
Et d'ailleurs, possédant l'armure adamantine,
Nous sourirons à tous et n'aurons peur de rien.

Sans nous préoccuper de ce que nous destine
Le Sort, nous marcherons pourtant du même pas,
Et la main dans la main, avec l'âme enfantine

De ceux qui s'aiment saris mélange, n'est-ce pas ?


jeudi 26 février 2015

Hugo - Attente



Ecouter la version chantée
Compositeur : Camille Saint-Saëns
Interprète : Anne-Marie Rodde
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Compositeur : Richard Wagner
Interprète : Lorri Lail
- Diffusé par DEEZER -



Victor Hugo - (1802-1885)


Attente

Monte, écureuil, monte au grand chêne,
Sur la branche des cieux prochaine,
Qui plie et tremble comme un jonc.
Cigogne, aux vieilles tours fidèle,
Oh ! vole et monte à tire-d'aile
De l'église à la citadelle,
Du haut clocher au grand donjon.

Vieux aigle, monte de ton aire
A la montagne centenaire
Que blanchit l'hiver éternel.
Et toi qu'en ta couche inquiète
Jamais l'aube ne vit muette,
Monte, monte, vive alouette,
Vive alouette, monte au ciel !

Et maintenant, du haut de l'arbre,
Des flèches de la tour de marbre,
Du grand mont, du ciel enflammé,
A l'horizon, parmi la brume,
Voyez-vous flotter une plume
Et courir un cheval qui fume,
Et revenir mon bien-aimé ?


mardi 24 février 2015

Paul Gilson - La complainte d'Auteuil


        Jean Wiener - Compositeur (1896-1982)

Ecouter la version chantée
Interprétation : Jacques Douai
Composition : Jean Wiener
- Diffusé par DEEZER -



Paul Gilson - (1904-1963)


La complainte d'Auteuil

La joueuse de violon
Qui jouait avec ses mouflons
Et la marchande de marrons
Tournant son cornet de chansons
Me rappellent ce dimanche
Mort de mille et un chagrins
Où je retenais par la main
L’enfant voleur de pervenches

Au pavillon des trépassés
Las de s’être tant délassés
Tous les échos du temps passé
A manger des parfaits glacés
Renvoyaient leurs mots de passe
Que brouillait dans le faux jour
Une amazone de velours
Sur fond de trompe de chasse

Mémoire promeneuse en deuil
L’enfant plus fourré qu’écureuil
S’était fait un chapeau de feuilles
De saules du bosquet d’Auteuil
Et les ombres de la mare
Mêlaient dans un air d’adieu
Les deux paillettes de ses yeux
Au vol plané des fanfares

Sur le chemin des écoliers
En aurais-je tant oublié
Entre un rond point de canotier
Et le gant rouge d’un mercier
Ohé folle hop militaire
Et toi chantre du mourron
Qui pour un sou de carillon
Sortais d’un globe de verre

Ici haut comme ici bas
Se peut-il qu’il ne reste pas
En passant de vie à trépas
La moindre trace de tes pas
Cet enfant c’était moi-même
Emporté dans un tour de vent
Mais qu’importent les absents
Si je me souviens que je t’aime


samedi 21 février 2015

Baudelaire - Remords posthume



sur DEEZER
Interprétation :
Léo Ferré
Composition :
Léo Ferré

sur DEEZER
Interprétation
très libre de
Demons Eyes

sur DEEZER
Interprétation :
Georges Chelon
Composition :
Georges Chelon




Charles Baudelaire - (1821-1867)



Remords posthume

Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton coeur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,

Te dira : " Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? "
- Et le ver rongera ta peau comme un remords.



Du même auteur :
A celle qui est trop gaie
A une passante
Abel et Caïn
Avec ses vêtements...
Ce fléau, natif de Tournai
Chant d'automne
Correspondances
Elévation
Harmonie du soir
Hymne
L'Albatros
L'amour et le crâne
L'ennemi
L'homme et la mer
L'Horloge
L'héautontimorouménos
L'invitation au voyage
L'irréparable
L'étranger
La Beauté
La cloche fêlée
La Destruction
La fontaine de sang
La géante
La mort des amants
La mort des artistes
La mort des pauvres
La muse vénale
La Musique
La rançon
La vie antérieure
Le balcon
Le Chat (1)
Le Chat (2)
Le flacon
Le flambeau vivant
Le jet d'eau
Le jeu
Le Serpent qui Danse
Le Soleil
Le tonneau de la Haine
Le vampire
Le vin de l'assassin
Les chats
Le voyage
Les hiboux
Les yeux de Berthe
Madrigal triste
Moesta et errabunda
Parfum exotique
Recueillement
Remords posthume
Réversibilité
Semper eadem
Spleen - J'ai plus de souvenirs...
Spleen - Je suis comme le Roi...
Spleen - Quand le ciel bas et lourd...
Tristesses de la Lune
Tu mettrais l'univers...

lundi 16 février 2015

Baudelaire - Le balcon


    La version de Gildas Delaporte


sur DEEZER
Interprétation :
Richard Ankri
Composition :
Richard Ankri

sur DEEZER
Interprétation :
Kirjuhel
Composition :
Kirjuhel

sur DEEZER
Interprétation :
Georges Chelon
Composition :
Georges Chelon




Charles Baudelaire - (1821-1867)



Le balcon

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs !
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses !

Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux ! que ton coeur m'était bon !
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison !
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses !

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-il d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes ?
- Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !



Ecouter la version classique
Interprétation : Susan Graham
Composition : Claude Debussy
- Diffusé par DEEZER -

vendredi 13 février 2015

Baudelaire - Madrigal triste



Ecouter la version chantée
interprétée par jean-Louis Murat
sur une musique de Léo Ferré
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Composée et interprétée
par Richard Ankri
- Diffusé par DEEZER -



Charles Baudelaire - (1821-1867)



Madrigal triste

I

Que m'importe que tu sois sage ?
Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs
Ajoutent un charme au visage,
Comme le fleuve au paysage ;
L'orage rajeunit les fleurs.

Je t'aime surtout quand la joie
S'enfuit de ton front terrassé ;
Quand ton coeur dans l'horreur se noie ;
Quand sur ton présent se déploie
Le nuage affreux du passé.

Je t'aime quand ton grand oeil verse
Une eau chaude comme le sang ;
Quand, malgré ma main qui te berce,
Ton angoisse, trop lourde, perce
Comme un râle d'agonisant.

J'aspire, volupté divine !
Hymne profond, délicieux !
Tous les sanglots de ta poitrine,
Et crois que ton coeur s'illumine
Des perles que versent tes yeux !

II


Je sais que ton coeur, qui regorge
De vieux amours déracinés,
Flamboie encor comme une forge,
Et que tu couves sous ta gorge
Un peu de l'orgueil des damnés ;

Mais tant, ma chère, que tes rêves
N'auront pas reflété l'Enfer,
Et qu'en un cauchemar sans trêves,
Songeant de poisons et de glaives,
Eprise de poudre et de fer,

N'ouvrant à chacun qu'avec crainte,
Déchiffrant le malheur partout,
Te convulsant quand l'heure tinte,
Tu n'auras pas senti l'étreinte
De l'irrésistible Dégoût,

Tu ne pourras, esclave reine
Qui ne m'aimes qu'avec effroi,
Dans l'horreur de la nuit malsaine,
Me dire, l'âme de cris pleine :
" Je suis ton égale, Ô mon Roi ! "