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lundi 18 août 2014

Ronsard - Amour archer


Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Ensemble Clément Janequin
Composition : Antoine de Bertrand
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Ensemble Métamorphoses de Paris
Composition : Antoine de Bertrand



Pierre de Ronsard (1524-1585)


Amour archer

Amour archer d'une tirade ront
Cent traitz sur moy, et si ne me conforte
D'un seul espoir, celle pour qui je porte
Le cuoeur aux yeulx, les pensers sus le front.

D'un Soleil part la glace qui me fond,
Et m'esbays que ma froydeur n'est morte
Au feu d'un oeil, qui d'une flamme accorte
Brulle mon cuoeur d'un ulcere profond.

En tel estat je voy languir ma vie,
Qu'aux plus chetifz ma langueur porte envie,
Tant le mal croist et le cuoeur me deffault:

Mais la douleur qui plus comble mon ame
D'un vain espoyr, c'est qu'Amour et Madame
Scavent mon mal, et si ne leur en chault.


jeudi 14 août 2014

Banville - La chanson de ma mie



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Geneviève Moizan
Composition : André Messager
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Jean-Paul Fouchécourt
Composition : Maurice Delage



Théodore de Banville - (1823-1891)


La chanson de ma mie

L'eau, dans les grands lacs bleus
Endormie,
Est le miroir des cieux :
Mais j'aime mieux les yeux
De ma mie.

Pour que l'ombre parfois
Nous sourie,
Un oiseau chante au bois :
Mais j'aime mieux la voix
De ma mie.

La rosée, à la fleur
Défleurie
Rend sa vive couleur :
Mais j'aime mieux un pleur
De ma mie.

Le temps vient tout briser.
On l'oublie.
Moi, pour le mépriser,
Je ne veux qu'un baiser
De ma mie.

La rose sur le lin
Meurt flétrie ;
J'aime mieux pour coussin
Les lèvres et le sein
De ma mie.

On change tour à tour
De folie :
Moi, jusqu'au dernier jour,
Je m'en tiens à l'amour
De ma mie.



Du même auteur :
Aimons-nous
Il dort encore
Inviolata
L'air
L'automne
L'énamourée
La chanson de ma mie
La Nuit
La Paix
Le Lilas
Le premier soleil
Le printemps
Le Rossignol
Le verger du roi Louis
Les roses
Nuit d'étoiles
Pierrot
Printemps d'avril
Souhait
Zéphyr

mercredi 13 août 2014

Brel - Les Marquises


        Photo C.T.
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Jacques Brel
Composition : Jacques Brel



Jacques Brel (1929-1978)


Les Marquises

Ils parlent de la mort comme tu parles d´un fruit
Ils regardent la mer comme tu regardes un puits
Les femmes sont lascives au soleil redouté
Et s´il n´y a pas d´hiver, cela n´est pas l´été
La pluie est traversière, elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise, le temps s´immobilise
Aux Marquises

Du soir, montent des feux et des points de silence
Qui vont s´élargissant, et la lune s´avance
Et la mer se déchire, infiniment brisée
Par des rochers qui prirent des prénoms affolés
Et puis, plus loin, des chiens, des chants de repentance
Et quelques pas de deux et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise et l´alizé se brise
Aux Marquises

Le rire est dans le cœur, le mot dans le regard
Le cœur est voyageur, l´avenir est au hasard
Et passent des cocotiers qui écrivent des chants d´amour
Que les sœurs d´alentour ignorent d´ignorer
Les pirogues s´en vont, les pirogues s´en viennent
Et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font
Veux-tu que je te dise : gémir n´est pas de mise
Aux Marquises



Du même auteur :
L'enfance
L'ivrogne
Le plat Pays
Les Marquises
Ne me quitte pas
On n'oublie rien
Rosa
Voir un ami pleurer

mardi 12 août 2014

Ronsard - Nature ornant la dame



Ecouter la version chantée
Interprétation : Ensemble Métamorphoses de Paris
Composition : Antoine de Bertrand
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Ensemble Clément Janequin
Composition : Antoine de Bertrand



Pierre de Ronsard (1524-1585)


Nature ornant la dame

Nature ornant la dame qui devait
De sa douceur forcer les plus rebelles
Lui fit présent des beautés les plus belles
Que dès mille ans en épargne elle avait.

Tout ce qu'Amour avarement couvait
De beau, de chaste et d'honneur sous ses ailes
Emmiella les grâces immortelles
De son bel oeil qui les dieux émouvait.

Du ciel à peine elle était descendue,
Quand je la vis, quand mon âme éperdue
En devint folle, et d'un si poignant trait

Le fier Destin l'engrava dans mon âme
Que, vif ne mort, jamais d'une autre dame
Empreint au coeur je n'aurai le portrait.


lundi 11 août 2014

Ronsard - Qui voudra voir dedans une jeunesse



Ecouter la version chantée
Interprétation : Ensemble Métamorphoses de Paris
Composition : Antoine de Bertrand
- Diffusé par DEEZER -



Pierre de Ronsard (1524-1585)


Qui voudra voir dedans une jeunesse

Qui voudra voir dedans une jeunesse
La beauté jointe avec la chasteté,
L'humble douceur, la grave majesté,
Toutes vertus et toute gentillesse;

Qui voudra voir les yeux d'une déesse
Et de nos ans la seule nouveauté,
De ceste dame oeillade la beauté,
Que le vulgaire appelle ma maîtresse.

Il apprendra comme Amour rit et mord,
Comme il guérit, comme il donne la mort;
Puis il dira, voyant chose si belle:

Heureux, vraiment, heureux qui peut avoir
Heureusement cet heur que de la voir,
Et plus heureux qui meurt pour l'amour d'elle!


samedi 9 août 2014

Minuit - Sur un dessin d'Albert Durer


        Albert Dürer - Melencolia - 1514

Ecouter la version chantée
Interprétation : Jean-Louis Caillat
Composition : Jean-Louis Caillat
- Diffusé par DEEZER -



Victor Hugo - Toute la Lyre


Minuit - D'après Albert Dürer

Le frêle esquif sur la mer sombre
Sombre ;
La foudre perce d'un éclair
L'air.

C'est minuit. L'eau gémit, le tremble
Tremble,
Et tout bruit dans le manoir
Noir ;

Sur la tour inhospitalière
Lierre,
Dans les fossés du haut donjon,
Jonc ;

Dans les cours, dans les colossales
Salles,
Et dans les cloîtres du couvent,
Vent.

La cloche, de son aile atteinte,
Tinte,
Et son bruit tremble en s'envolant
Lent.

Le son qui dans l'air se disperse
Perce
La tombe où le mort inconnu,
Nu,

Épelant quelque obscur problème
Blême,
Tandis qu'au loin le vent mugit,
Gît.

Tous se répandent dans les ombres,
Sombres,
Rois, reines, clercs, soudards, nonnains,
Nains.

La voix qu'ils élèvent ensemble,
Semble
Le dernier soupir qu'un mourant
Rend.

Les ombres vont au clair de lune,
L'une
En mitre et l'autre en chaperon
Rond.

Celle-ci qui roule un rosaire
Serre
Dans ses bras un enfant tremblant,
Blanc.

Celle-là, voilée et touchante,
Chante
Au bord d'un gouffre où le serpent
Pend.

D'autres, qui dans l'air se promènent,
Mènent
Par monts et vaux, des palefrois
Froids.

L'enfant mort à la pâle joue,
Joue ;
Le gnome grimace, et l'esprit
Rit.

On dirait que le beffroi pleure ;
L'heure
Semble dire en traînant son glas
Las :

- Enfant ! retourne dans ta tombe !
Tombe
Sous le pavé des corridors,
Dors !

L'enfer souillerait ta faiblesse.
Laisse
Ses banquets à tes envieux,
Vieux.

C'est aller au sabbat trop jeune !
Jeûne.
Garde-toi de leurs jeux hideux,
D'eux !

Vois-tu dans la sainte phalange
L'ange
Qui vient t'ouvrir le paradis,
Dis ? -

Ains la mort nous chasse et nous foule,
Foule
De héros petits et d'étroits
Rois.

Attilas, Césars, Cléopâtres,
Pâtres,
Vieillards narquois et jouvenceaux
Sots,

Bons évêques à charge d'âmes,
Dames,
Saints docteurs, lansquenets fougueux,
Gueux,

Nous serons un jour, barons, prêtres,
Reîtres,
Avec nos voeux et nos remords
Morts.

Pour moi, quand l'ange qui réclame
L'âme
Se viendra sur ma couche, un soir,
Seoir ;

Alors, quand sous la pierre froide,
Roide,
Je ferai le somme de plomb,
Long ;

Ô toi, qui dans mes fautes mêmes
M'aimes,
Viens vite, si tu te souviens,
Viens

T'étendre à ma droite, endormie,
Mie ;
Car on a froid dans le linceul,
Seul.



Du même auteur :
À l’Homme
À une jeune fille
Autre chanson
Chanson
Chanson en canot
Chanson de pirates
Chant sur le berceau
Comment disaient-ils
Dans l'alcôve sombre
Dans les ruines d'une abbaye
Demain, dès l'aube
Depuis six mille ans la guerre
Dizain de femmes
Ecrit après la visite d'un bagne
Ecrit sur le tombeau...
Elle était déchaussée...
En sortant du collège
Enfant, si j'étais roi
Extase
Gastibelza
Il est un peu tard
Il faut que le poète
J'aime l'araignée
Je ne songeais pas à Rose
Je respire où tu palpites
L'absent
L'aurore
L'ogre
La blanche Aminte
La chanson de Maglia
La chanson du fou
La chanson du spectre
La coccinelle
La fiancée du timbalier
La Fleur et le Papillon
La légende de la nonne
La prière pour tous
La tombe dit à la rose
Le château de l’Arbrelles
Le pas d'armes du Roi Jean
Les hirondelles
Les Tuileries
Lise
Lorsque l'enfant paraît
Ma Jeanne
Mai
Melancholia
Mes adieux à l'enfance
Minuit - D'après Albert Dürer
Oceano nox
Océan
Oh quand je dors
Paroles dans l'ombre
Paroles sur la dune
Proscrit, regarde les roses
Puisqu'ici-bas toute âme
Puisque j'ai mis ma lèvre
Quand la nuit n'est pas étoilée
Quand tu me parles de gloire
S'il est un charmant gazon
Si mes vers avaient des ailes
Sérénade
Sommation irrespectueuse
Spectacle rassurant
Tristesse d'Olympio
Trois ans après
Une flûte invisible
Veni vidi vixi

vendredi 8 août 2014

Leconte de Lisle - Les Elfes


        Composé et interprété par Lili Criquette

Ecouter sur DEEZER
Interprétation de Natalie Dessay
Composition de Clause Debussy



Leconte de Lisle - Poèmes barbares


Les Elfes

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Du sentier des bois aux daims familier,
Sur un noir cheval, sort un chevalier.
Son éperon d'or brille en la nuit brune ;
Et, quand il traverse un ravon de lune,
On voit resplendir, d'un reflet changeant,
Sur sa chevelure un casque d'argent.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Ils l'entourent tous d'un essaim léger
Qui dans l'air muet semble voltiger.
- Hardi chevalier, par la nuit sereine,
Où vas-tu si tard ? dit la jeune Reine.
De mauvais esprits hantent les forêts
Viens danser plutôt sur les gazons frais.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

- Non ! ma fiancée aux yeux clairs et doux
M'attend, et demain nous serons époux.
Laissez-moi passer, Elfes des prairies,
Qui foulez en rond les mousses fleuries ;
Ne m'attardez pas loin de mon amour,
Car voici déjà les lueurs du jour.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

- Reste, chevalier. Je te donnerai
L'opale magique et l'anneau doré,
Et, ce qui vaut mieux que gloire et fortune,
Ma robe filée au clair de la lune.
- Non ! dit-il. - Va donc ! - Et de son doigt blanc
Elle touche au coeur le guerrier tremblant.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Et sous l'éperon le noir cheval part.
Il court, il bondit et va sans retard ;
Mais le chevalier frissonne et se penche ;
Il voit sur la route une forme blanche
Qui marche sans bruit et lui tend les bras :
- Elfe, esprit, démon, ne m'arrête pas !

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Ne m'arrête pas, fantôme odieux !
Je vais épouser ma belle aux doux yeux.
- Ô mon cher époux, la tombe éternelle
Sera notre lit de noce, dit-elle.
Je suis morte ! - Et lui, la voyant ainsi,
D'angoisse et d'amour tombe mort aussi.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.



Du même auteur :
Epiphanie
La rose
Le colibri
Le parfum impérissable
Les Elfes
Les roses d'Ispahan
Lydia
Néère
Nell
Salinum
Tyndaris

mardi 5 août 2014

Ronsard - Sur la mort de Marie



Ecouter la version chantée
Interprétation : Jacques Douai
Composition : Jacques Douai
- Diffusé par DEEZER -



Pierre de Ronsard (1524-1585)


Comme on voit sur la branche

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au point du jour l'arrose ;

La grâce dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d'odeur ;
Mais battue ou de pluie, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses.



Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Serge Renard
Interprète : Marie Maya


        Manoir de Port-Guyet à St-Nicolas-de-Bourgueil où résidait Marie


Du même auteur :
A sa guitare
A une fontaine
Amour, donne moy paix ou treve
Amour, je prends congé
Amour me tue
Avecques moi pleurer
Ballet
Beauté dont la douceur...
Bonjour mon coeur
Ce beau corail
Ce ris plus doux que l'oeuvre d'une abeille
Chanson du printemps retourné
Contre Denise, Sorcière
Contre les bûcherons de la forêt de Gastine
Epitaphe
Epitaphe de François Rabelais
Fais rafraîchir mon vin
J'espère et crains
Je n'ai plus que les os
Je ne saurois aimer autre que vous
L'amour oyseau
Las, je me plains
Le temps s'en va
Le tombeau
Madrigal
Ode à Cassandre (Mignonne..)
Plus tu connais que je brûle...
Pour boire dessus l'herbe tendre
Pourquoi tournez-vous vos yeux
Quand au temple nous serons
Quand ce beau printemps je vois
Quand je vous vois
Quand vous serez bien vieille
Sur la mort de Marie
Tais-toi, babillarde arondelle
Tout me déplait
Vous méprisez Nature
Vous triomphez de moi