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vendredi 24 avril 2015

Prévert - Le chat et l'oiseau



Ecouter sur DEEZER
Chanté par Yves Montand
sur une musique de Joseph Kosma



Jacques Prévert - (1900-1977)


Le chat et l'oiseau

Un village écoute désolé
Le chant d'un oiseau blessé
C'est le seul oiseau du village
Et c'est le seul chat du village
Qui l'a à moitié dévoré
Et l'oiseau cesse de chanter
Le chat cesse de ronronner
Et de se lécher le museau
Et le village fait à l'oiseau
De merveilleuses funérailles

Et le chat qui est invité
Marche derrière le petit cercueil de paille
Où l'oiseau mort est allongé
Porté par une petite fille
Qui n'arrête pas de pleurer
Si j'avais su que cela te fasse tant de peine
Lui dit le chat
Je l'aurais mangé tout entier
Et puis je t'aurais raconté
Que je l'avais vu s'envoler
S'envoler jusqu'au bout du monde
Là-bas c'est tellement loin
Que jamais on n'en revient
Tu aurais eu moins de chagrin
Simplement de la tristesse et des regrets

Il ne faut jamais faire les choses à moitié



Du même auteur :
Adrien
Barbara
Chanson pour les enfants l'hiver
Déjeûner du matin
Démons et Merveilles
En sortant de l’école
Inventaire
L'enfance
La Chanson des Escargots
La chasse à l'enfant
Le cancre
Le cheval rouge
Le chat et l'oiseau
Le grand homme
Le miroir brisé
Le tendre et dangereux visage de l’amour
Les enfants qui s'aiment
Les feuilles mortes
Page d'écriture
Quelqu'un

lundi 20 avril 2015

Baudelaire - Le rêve d'un curieux



Ecouter la version chantée
Composée et interprétée
par Georges Chelon
- Diffusé par DEEZER -



Charles Baudelaire - (1821-1867)



Le rêve d'un curieux

Connais-tu, comme moi, la douleur savoureuse,
Et de toi fais-tu dire : " Oh ! l'homme singulier ! "
- J'allais mourir. C'était dans mon âme amoureuse,
Désir mêlé d'horreur, un mal particulier ;

Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse.
Plus allait se vidant le fatal sablier,
Plus ma torture était âpre et délicieuse ;
Tout mon coeur s'arrachait au monde familier.

J'étais comme l'enfant avide du spectacle,
Haïssant le rideau comme on hait un obstacle...
Enfin la vérité froide se révéla :

J'étais mort sans surprise, et la terrible aurore
M'enveloppait. - Eh quoi ! n'est-ce donc que cela ?
La toile était levée et j'attendais encore.


mercredi 15 avril 2015

Verlaine - Birds in the night


        Paul Verlaine photographié par Otto.

Ecouter la version chantée
Interprétation : Léo Ferré
Composition : Léo Ferré
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Sapho
Composition : Léo Ferré
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)


Birds in the night

Autre titre : Je vous vois encor
Le texte chanté est en bleu


Vous n'avez pas eu toute patience,
Cela se comprend par malheur, de reste.
Vous êtes si jeune ! et l'insouciance,
C'est le lot amer de l'âge céleste !

Vous n'avez pas eu toute la douceur,
Cela par malheur d'ailleurs se comprend ;
Vous êtes si jeune, ô ma froide sœur,
Que votre coeur doit être indifférent !

Aussi me voici plein de pardons chastes,
Non, certes ! joyeux, mais très calme, en somme,
Bien que je déplore, en ces mois néfastes,
D'être, grâce à vous, le moins heureux homme.

Et vous voyez bien que j'avais raison,
Quand je vous disais, dans mes moments noirs,
Que vos yeux, foyer de mes vieux espoirs,
Ne couvaient plus rien que la trahison.

Vous juriez alors que c'était mensonge
Et votre regard qui mentait lui-même
Flambait comme un feu mourant qu'on prolonge,
Et de votre voix vous disiez : " je t'aime ! "

Hélas ! on se prend toujours au désir
Qu'on a d'être heureux malgré la saison...
Mais ce fut un jour plein d'amer plaisir,
Quand je m'aperçus que j'avais raison !

Aussi bien pourquoi me mettrais-je à geindre ?
Vous ne m'aimiez pas, l'affaire est conclue,
Et, ne voulant pas qu'on ose me plaindre,
Je souffrirai d'une âme résolue.

Oui, je souffrirai car je vous aimais !
Mais je souffrirai comme un bon soldat
Blessé, qui s'en va dormir à jamais,
Plein d'amour pour quelque pays ingrat.

Vous qui fûtes ma Belle, ma Chérie,
Encor que de vous vienne ma souffrance,
N'êtes-vous donc pas toujours ma Patrie,
Aussi jeune, aussi folle que la France ?

Or, je ne veux pas, - le puis-je d'abord ?
Plonger dans ceci mes regards mouillés.
Pourtant mon amour que vous croyez mort
A peut-être enfin les yeux dessillés.

Mon amour qui n'est que ressouvenance,
Quoique sous vos coups il saigne et qu'il pleure
Encore et qu'il doive, à ce que je pense,
Souffrir longtemps jusqu'à ce qu'il en meure,

Peut-être a raison de croire entrevoir
En vous un remords qui n'est pas banal,
Et d'entendre dire, en son désespoir,
À votre mémoire : ah ! fi ! que c'est mal !

Je vous vois encor. J'entr'ouvris la porte.
Vous étiez au lit comme fatiguée.
Mais, ô corps léger que l'amour emporte,
Vous bondîtes nue, éplorée et gaie.

Ô quels baisers, quels enlacements fous !
J'en riais moi-même à travers mes pleurs.
Certes, ces instants seront entre tous,
Mes plus tristes, mais aussi mes meilleurs.

Je ne veux revoir de votre sourire
Et de vos bons yeux en cette occurrence
Et de vous, enfin, qu'il faudrait maudire,
Et du piège exquis, rien que l'apparence.

Je vous vois encor ! En robe d'été
Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
Mais vous n'aviez plus l'humide gaîté
Du plus délirant de tous nos tantôts.

La petite épouse et la fille aînée
Était reparue avec la toilette
Et c'était déjà notre destinée
Qui me regardait sous votre voilette.

Soyez pardonnée ! Et c'est pour cela
Que je garde, hélas ! avec quelque orgueil,
En mon souvenir qui vous cajola,
L'éclair de côté que coulait votre œil.


Par instants je suis le pauvre navire
Qui court démâté parmi la tempête,
Et ne voyant pas Notre-Dame luire
Pour l'engouffrement en priant s'apprête.

Par instants je meurs la mort du pécheur
Qui se sait damné s'il n'est confessé,
Et, perdant l'espoir de nul confesseur,
Se tord dans l'Enfer qu'il a devancé.

Ô mais ! par instants, j'ai l'extase rouge
Du premier chrétien, sous la dent rapace,
Qui rit à Jésus témoin, sans que bouge
Un poil de sa chair, un nerf de sa face


jeudi 9 avril 2015

Verlaine - Pensionnaires


        Lithographies de Pierre Bonnard pour le recueil "Les Amies"

Ecouter la version chantée
Interprétation : Léo Ferré
Composition : Léo Ferré
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version chantée
Interprétation : Catherine Sauvage
Composition : Léo Ferré
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)


Pensionnaires

L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre.
C'était par un soir très lourd de septembre
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise,
La fine chemise au frais parfum d'ambre.
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse et folle, et sa bouche
Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises ;

Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense
Sur ses doigts mignons des valses promises,
Et, rose, sourit avec innocence.


mercredi 1 avril 2015

Ronsard - Certes mon œil fut trop aventureux


        L'ensemble Clément Janequin - © Koen Broos

Ecouter la version chantée
Interprétation : Ensemble Clément Janequin
Composition : Antoine de Bertrand
- Diffusé par DEEZER -



Pierre de Ronsard - (1524-1585)


Certes mon œil fut trop aventureux

Certes mon œil fut trop aventureux
De regarder une chose si belle,
Une vertu digne d'une immortelle,
Et dont Amour est même amoureux.

Depuis ce jour je devins langoureux
Pour aymer trop ceste beauté cruelle:
Cruelle non, mais doucement rebelle
A ce désir qui me rend malheureux:

Malheureux, non, heureux je me confesse,
Tant vaut l'amour d'une telle maitresse,
A qui je suis, et à qui je veux plaire.

Je l'ayme tant qu'aymer je ne me puis,
Je suis tant sien que plus mien je ne suis,
Bien que pour elle Amour me désespère.


lundi 30 mars 2015

Marot - Vous perdez temps


Compositeur : Claudin de Sermisy
Chanté par le groupe vocal Tutti Canti.

La vesrsion audio
par l'ensemble vocal Pilippe Caillard
Composition : Claudin de Sermisy
- Diffusé par DEEZER -



Clément Marot (1496-1544)


Vous perdez temps
de me dire mal d'elle

Vous perdez temps de me dire mal d'elle,
Gens qui voulez divertir mon entente :
Plus la blasmez, plus je la trouve belle,
S'esbahit-on si tant je m’en contente ?
La fleur de sa jeunesse,
A vostre advis rien n'est ce ?
N'est ce rien de ses graces ?
Cessez vos grands audaces,
Car mon amour vaincra vostre mesdire :
Tel en mesdict qui pour soy la desire.



Du même auteur :
Aux damoiselles paresseuses
Changeons propos
Complainte
D'Anne jouant de l'épinette
D'où vient celà
De la Rose
Dedans Paris
Du conflit en douleur
Etrennes à Anne
Jouissance vous donnerai
Languir me fais
Le dizain de neige
Miséricorde - Psaume 51
Plus ne suis ce que j'ai été
Présent de couleur de colombe
Quand vous vouldrez faire une Amye
Tant que vivrai
Vous perdez temps de me dire mal d'elle

jeudi 26 mars 2015

Ronsard - Je ne veux plus que chanter


        Ensemble Enteos

Ecouter la version chantée
Interprétation : Ensemble Entheos
Composition : Pierre Cléreau - (1515-1569)
- Diffusé par DEEZER -



Pierre de Ronsard - (1524-1585)


Je ne veux plus que chanter ma tristesse

Je ne veux plus que chanter ma tristesse:
Car autrement chanter je ne pourrois,
Veu que je suis absent de ma maistresse ;
Si je chantois autrement je mourrois.

Pour ne mourir il faut donc que je chante
En chants piteux ma plaintive langueur,
Pour le départ de ma maistresse absente,
Qui de mon sein m’a desrobé le coeur.

Desja l’esté et Ceres la blétiere,
Ayant le front orné de son present,
Ont ramené la moisson nourriciere
Depuis le temps que mort je suis absent,

De ses beaux yeux, dont la lumiere belle
Seule pourroit guerison me donner,
Et, si j’estois là bas en la nacelle,
Me pourroit faire au monde retourner.

Mais ma raison est si bien corrompue
Par une fausse et vaine illusion,
Que nuict et jour je la porte en la veue,
Et sans la voir j’en ay la vision.

Comme celuy qui contemple les nues,
Pense aviser mille formes là-sus,
D’hommes, d’oiseaux, de Chimeres cornues,
Et ne voit rien, car ses yeux sont deceus.

Et comme cil qui, d’une haleine forte,
En haute mer, à puissance de bras
Tire la rame, il l’imagine torte,
Rompue en l’eau, toutesfois ne l’est pas,

Ainsi je voy d’une veue trompée
Celle qui m’a tout le sens depravé,
Qui, par les yeux dedans l’ame frapée,
M’a vivement son pourtrait engravé.

Et soit que j’erre au plus haut des montagnes
Ou dans un bois, loin de gens et de bruit,
Ou dans les prés, ou parmy les campaignes,
Toujours à l’oeil ce beau pourtrait me suit.

Si j’aperçoy quelque champ qui blondoye
D’espics frisez au travers des sillons,
Je pense voir ses beaux cheveux de soye,
Refrisottés en mille crespillons.

Si j’aperçoi quelque table carrée
D’ivoire ou jaspe aplani proprement,
Je pense veoir la voûte mesurée
De son beau front égallé pleinement.

Si le croissant au premier mois j’avise,
Je pense voir son sourcil ressemblant
A l’arc d’un Turc qui la sagette a mise
Dedans la coche, et menace le blanc.

Quand à mes yeux les estoilles drillantes
Viennent la nuict en temps calme s’offrir,
Je pense voir ses prunelles ardantes,
Que je ne puis ny fuire ny souffrir.

Quand j’apperçoy la rose sur l’espine,
Je pense voir de ses lèvres le teint ;
Mais la beauté de l’une au soir decline,
L’autre beauté jamais ne se desteint.

Quand j’apperçoy les fleurs dans une prée
S’espanouir au lever du soleil,
Je pense voir de sa face pourprée
Et de son sein le beau lustre vermeil.

Si j’apperçoy quelque chesne sauvage,
Qui jusqu’au ciel éleve ses rameaux,
Je pense en luy contempler son corsage,
Ses pieds, sa grève, et ses coudes jumeaux.

Si j’enten bruire une fontaine claire,
Je pense ouyr sa voix dessus le bord,
Qui, se plaignant de ma triste misere,
M’appelle à soy pour me donner confort.

Voilà comment, pour estre fantastique,
En cent façons ses beautez j’apperçoy,
Et m’esjouy d’estre melancholique,
Pour recevoir tant de formes en moy.

Aimer vrayment est une maladie ;
Les medecins la sçavent bien juger,
En la nommant fureur de fantaisie,
Qui ne se peut par herbes soulager.

J’aimerois mieux la fièvre dans mes veines,
Ou quelque peste, ou quelque autre douleur,
Que de souffrir tant d’amoureuses peines,
Qui sans tuer nous consomment le coeur.

Or-va, Chanson, dans le sein de Marie,
Qui me fait vivre en penible soucy,
Pour l’asseurer que ce n’est tromperie
Des visions que je raconte icy.