Fonction GrooveShark

Cliquer sur un auteur pour lire et entendre chanter ses textes

Apollinaire Guillaume (33) Aragon Louis (58) Banville Théodore de (22) Baudelaire Charles (74) Beart Guy (8) Belleau Rémy (4) Beranger (10) Berimont Luc (8) Bourget Paul (6) Brassens Georges (38) Brel Jacques (8) Bruant Aristide (5) Cabrel Francis (5) Cadou René-Guy (10) Carco Francis (7) Carême Maurice (5) Caussimon Jean-Roger (5) Chateaubriand (4) Claudel Paul (8) Cocteau Jean (5) Coppée Francois (9) Corbière Tristan (8) Corneille (4) Couté Gaston (17) Cros Charles (12) De Baïf (4) Desbordes-Valmore Marceline (17) Desnos Robert (14) Dimey Bernard (12) Du Bellay Joachim (5) Eluard Paul (24) Ferré Léo (6) Florian Claris de (5) Fort Paul (11) Gautier Théophile (27) Genet Jean (4) Gerard Rosemonde (4) Haraucourt Edmond (5) Hugo Victor (93) Jacob Max (8) Jammes Francis (7) La Fontaine Jean de (26) Labé Louise (8) Laforgue Jules (4) Lamartine Alphonse de (18) Leclerc Félix (6) Leconte de Lisle (18) Mac Orlan Pierre (6) Machaut Guillaume de (6) Malherbe Francois de (4) Mallarmé Stéphane (6) Marot Clément (26) Mendès Catulle (6) Musset Alfred de (27) Nerval Gérard de (22) Noailles Anna de (6) Nougaro Claude (6) Orléans Charles d' (17) Peguy Charles (6) Pisan Christine de (4) Prévert Jacques (25) Queneau Raymond (6) Racine Jean (4) Radiguet Raymond (4) Regnier Henri de (6) Richepin Jean (9) Rilke Rainer Maria (6) Rimbaud Arthur (40) Ronsard Pierre de (62) Rostand Edmond (5) Saint-Amant (4) Samain Albert (10) Silvestre Armand (10) Souchon Alain (4) Soupault Philippe (5) Sully Prudhomme (16) Supervielle Jules (6) Toulet Paul-Jean (5) Trenet Charles (5) Verhaeren Emile (5) Verlaine Paul (62) Vian Boris (6) Vigneault Gilles (5) Villon Francois (22) Vilmorin Louise de (5)

lundi 16 janvier 2017

Jean-Pierre Kernoa - La rouille



La version audio
Interprétation : Maxime le Forestier
Composition : Maxime le Forestier
- Diffusé par DEEZER -



Jean-Pierre Kernoa - (?-?)


La rouille

L'habitude nous joue des tours :
Nous qui pensions que notre amour
Avait une santé de fer.
Dès que séchera la rosée,
Regarde la rouille posée
Sur la médaille et son revers.

Elle teinte bien les feuilles d'automne.
Elle vient à bout des fusils cachés.
Elle rongerait les grilles oubliées
Dans les prisons, s'il n'y restait personne.

Moi, je la vois comme une plaie utile,
Marquant le temps d'ocre jaune et de roux.
La rouille aurait un charme fou
Si elle ne s'attaquait qu'aux grilles.

Avec le temps tout se dénoue.
Que s'est-il passé entre nous,
De petit jour en petit jour ?
À la première larme séchée,
La rouille s'était déposée
Sur nous et sur nos mots d'amour.

Si les fusils s'inventent des guerres
Et si les feuilles attendent le printemps,
Ne luttons pas, comme eux, contre le temps.
Contre la rouille, il n'y a rien à faire.

Moi, je la vois comme une déchirure,
Une blessure qui ne guérira pas.
Notre histoire va s'arrêter là.
Ce fut une belle aventure.

Nous ne nous verrons plus et puis...
Mais ne crois pas ce que je dis :
Tu sais, je ne suis pas en fer.
Dès que séchera la rosée,
La rouille se sera posée
Sur ma musique et sur mes vers.



Une autre interprète
Interprétation : La Fiancée
Composition : Maxime le Forestier
- Diffusé par DEEZER -

mercredi 11 janvier 2017

Théophile Gautier - La fuite


                Théophile Gautier par Nadar
Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Florence Bonnafous
et José Van Dam
Composition : Henri Duparc




Théophile Gautier - (1811-1872)


La fuite

KADIDJA.
Au firmament sans étoile,
La lune éteint ses rayons ;
La nuit nous prête son voile.
Fuyons ! fuyons !

AHMED.
Ne crains-tu pas la colère
De tes frères insolents,
Le désespoir de ton père,
De ton père aux sourcils blancs ?

KADIDJA.
Que m’importent mépris, blâme,
Dangers, malédictions !
C’est dans toi que vit mon âme.
Fuyons ! fuyons !

AHMED.
Le coeur me manque ; je tremble,
Et, dans mon sein traversé,
De leur kandjar il me semble
Sentir le contact glacé !

KADIDJA.
Née au désert, ma cavale
Sur les blés, dans les sillons,
Volerait, des vents rivale.
Fuyons ! fuyons !

AHMED.
Au désert infranchissable,
Sans parasol pour jeter
Un peu d’ombre sur le sable,
Sans tente pour m’abriter...

KADIDJA.
Mes cils te feront de l’ombre ;
Et, la nuit, nous dormirons
Sous mes cheveux, tente sombre.
Fuyons ! fuyons !

AHMED.
Si le mirage illusoire
Nous cachait le vrai chemin,
Sans vivres, sans eau pour boire,
Tous deux nous mourrions demain.

KADIDJA.
Sous le bonheur mon coeur ploie ;
Si l’eau manque aux stations,
Bois les larmes de ma joie.
Fuyons ! fuyons !



Du même auteur :
A une robe rose
Absence
Au pays où se fait la guerre
Barcarolle
Carmen
Chinoiserie
Coquetterie posthume
Dernier Voeu
Fantaisies d'hiver
Infidélité
J'ai laissé de mon sein de neige
L'esclave
La fuite
Lamento - Connaissez-vous la blanche tombe
Lamento - La Chanson du Pêcheur
La dernière feuille
Le Merle
Le spectre de la rose
Les matelots
Les papillons
Noël
Premier sourire du printemps
Seguidille
Sérénade
Seule
Tristesse
Villanelle rythmique

lundi 9 janvier 2017

Thibaut de Champagne - Pour mal temps ni pour gelée



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Jacques Douai
Composition : Thibaut de Champagne
- Diffusé par DEEZER -



Thibaut de Champagne - (1201-1253)


Pour mal temps ni pour gelée

Pour mal temps ni pour gelée,
Ni pour froide matinée,
Ne partirai ma pensée
D'amour que j'ai;
Que trop l'ai aimée
De coeur vrai!

Belle et blonde et colorée
Moi plait quand nul vous agrée,
El die que me fut donnée
(Quand vous priai)
L'amour que vous ai vouée;
Je m'en mourrai!


jeudi 5 janvier 2017

Philippe Soupault - La bouée


Ecouter la version chantée
Interprétation : Bernard Ascal
Composition : Bernard Ascal
- Diffusé par DEEZER -




Philippe Soupault - (1897-1990)


La bouée

Foutez-moi à la mer mes amis, mes amis quand je mourrai. Ce n'est pas qu'elle soit belle la mort et qu'elle me plaise tant, mais elle refuse les traces, les saletés, les croix, les bannières. Elle est le vrai silence et la vraie solitude.

Pour un peu de temps, celui qui me reste à vivre, nous savons, mes amis, que l'odeur qui règne autour des villes est celle des cimetières et que le bruit des cloches est plus fort que celui du sang.

Foutez-moi à la mer mes amis. Il y a de la lumière et du vent, et ce sel qui ronge tout, qui est comme le feu, et comme les années. La mer ne reflète rien, ni les visages, ni les grimaces.

Je ne veux pas de ces longs cortèges, de ces femmes en deuil, des gants noirs et de tous ces bavards; rien qui rappelle ces ombres, ces larmes et ces oublis. La mort est mon sommeil, mon cher sommeil.

Foutez-moi à la mer mes amis, mes amis inconnus, mes frères, tous ceux qui ne m'ont pas connu et qui n'auront ni regrets, ni souvenirs. Pas de souvenirs surtout...
Seulement un coup d'épaule.



Du même auteur :
365 heures
Estuaire
La bouée
La fileuse
Rêves

mercredi 4 janvier 2017

Verlaine - Crépuscule du soir mystique



Ecouter la version chantée
Interprétation : Lauralyn Kolb
Composition : Regine Poldowski
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)


Crépuscule du soir mystique

Le Souvenir avec le Crépuscule
Rougeoie et tremble à l'ardent horizon
De l'Espérance en flamme qui recule
Et s'agrandit ainsi qu'une cloison
Mystérieuse où mainte floraison
- Dahlia, lys, tulipe et renoncule -
S'élance autour d'un treillis, et circule
Parmi la maladive exhalaison
De parfums lourds et chauds, dont le poison
- Dahlia, lys, tulipe et renoncule -
Noyant mes sens, mon âme et ma raison
Mêle, dans une immense pâmoison,
Le Souvenir avec le Crépuscule.



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Elizabeth Farnum
Composition : Kaikhosru Sorabji

mardi 3 janvier 2017

Verlaine - Marine


                William Turner - Yacht Approaching the Coast

Ecouter la version chantée
Interprétation : Mireille Delunsch
Composition : Louis Vierne
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)


Marine

L'Océan sonore
Palpite sous l'oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu'un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D'un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu'au firmament,
Où l'ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.


lundi 2 janvier 2017

Philippe Desportes - D'une fontaine


                   Fontaine de Trevi (c) Rome-roma.net

Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Jacques Leguerney
Interprète : Danielle Borst



Philippe Desportes - (1546-1606)


D'une fontaine

Cette fontaine est froide, et son eau doux-coulante,
la couleur d'argent, semble parler d'Amour;
Un herbage mollet reverdit tout autour,
Et les aunes font ombre à la chaleur brûlante.

Le feuillage obéit à Zéphyr qui l'évente,
Soupirant, amoureux, en ce plaisant séjour;
Le soleil clair de flamme est au milieu du jour,
Et la terre se fend de l'ardeur violente.

Passant, par le travail du long chemin lassé
Brûlé de la chaleur et de la soif pressé,
Arrête en cette place où ton bonheur te mène;

L'agréable repos ton corps délassera,
L'ombrage et le vent frais ton ardeur chassera,
Et ta soif se perdra dans l'eau de la fontaine.



Du même auteur :
D'une fontaine
Stances du mariage
Sur la mort de Diane