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jeudi 22 juin 2017

Philippe Soupault - Mais vrai


                        René Magritte : Le fils de l'homme

Ecouter la version chantée
Interprétation : Jacques Douai
Composition : Lucien Merer
- Diffusé par DEEZER -




Philippe Soupault - (1897-1990)


Mais vrai

Sa vie fut un calvaire, sa mort romantique,
Sa mère était trombone, son enfant asthmatique;
Les métiers les moins sots ne sont pas les meilleurs.
Nous l'avons tous connu, il était métallique,
Sa fille préférée s'appelait mélancolique,
Un nom occidental qui flattait les tailleurs.
Avide comme un pou, sans aucun sens critique,
Il se mordit les doigts, brûla toute sa boutique;
C'est du moins ce qu'affirment ses amis rimailleurs.

Cette histoire nous vient d'Amérique
Elle pourrait venir d'ailleurs.



Du même auteur :
365 heures
Estuaire
La bouée
La fileuse
Mais vrai
Rêves

mercredi 21 juin 2017

Baudelaire - Le Léthé


Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Léo Ferré
Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Georges Chelon




Charles Baudelaire - (1821-1867)


Le Léthé

Viens sur mon coeur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré, monstre aux airs indolents ;
Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l'épaisseur de ta crinière lourde ;

Dans tes jupons remplis de ton parfum
Ensevelir ma tête endolorie,
Et respirer, comme une fleur flétrie,
Le doux relent de mon amour défunt.

Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre !
Dans un sommeil aussi doux que la mort,
J'étalerai mes baisers sans remord
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.

Pour engloutir mes sanglots apaisés
Rien ne me vaut l'abîme de ta couche ;
L'oubli puissant habite sur ta bouche,
Et le Léthé coule dans tes baisers.

A mon destin, désormais mon délice,
J'obéirai comme un prédestiné ;
Martyr docile, innocent condamné,
Dont la ferveur attise le supplice,

Je sucerai, pour noyer ma rancoeur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n'a jamais emprisonné de coeur.



Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Robert Charlebois

mardi 20 juin 2017

Maurice Carème - Du bleu


                                Composé et interprété par James Ollivier





Maurice Carême - (1899-1978)

Brabant


Du bleu

Du bleu ? J’en ai plein mon enfance
Où fleurissaient des champs immenses
De lin.
Du bleu ? J’en ai dans ma rivière
Où je trempais, dans la lumière
Mes mains.

J’ai aussi du bleu de bleuets
Mûri au creux chaud des juillets
De lune,
Du bleu de fable et de faisan
Que l’on peut aller cueillir sans
Fortune.

Du bleu de ciel et d’ancolie,
J’en ai l’âme toute remplie
Aussi,
Et, débordant de tous mes coffres,
Du bleu de Chat Botté que j’offre
Ici.

Mais mon bleu le plus délectable,
Autour du pain bis sur la table,
Luisait
Lorsque, pour nos humbles agapes,
Ma mère déployait la nappe
De mai.



Du même auteur :
L'eau passe
La reine de coeur
La tour Eiffel
Le carafon
Le givre
Les anges musiciens

vendredi 16 juin 2017

Aragon - Les Lilas



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Jean Ferrat
Composition : Jean Ferrat




Louis Aragon - (1897-1982)


Les Lilas

Je rêve et je me réveille
Dans une odeur de lilas
De quel côté du sommeil
T'ai-je ici laissé ou là

Je dormais dans ta mémoire
Et tu m'oubliais tout bas
Ou c'était l'inverse histoire
Etais-je où tu n'étais pas

Je me rendors pour t'atteindre
Au pays que tu songeas
Rien n'y fait que fuir et feindre
Toi tu l'as quitté déjà

Dans la vie ou dans le songe
Tout a cet étrange éclat
Du parfum qui se prolonge
Et d'un chant qui s'envola

O claire nuit jour obscur
Mon absente entre mes bras
Et rien d'autre en moi ne dure
Que ce que tu murmuras



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Isabelle Aubret
Composition : Jean Ferrat

jeudi 15 juin 2017

Brassens - Les Lilas


Ecrit composé et interprété
par Georges Brassens
- Diffusé par DEEZER -




Georges Brassens - (1921-1981)


Les Lilas

Quand je vais chez la fleuriste,
Je n'achète que des lilas...
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là.

Comme j'étais, en quelque sorte
Amoureux de ces fleurs-là,
Je suis entré par la porte,
Par la porte des Lilas.

Des lilas, y'en avait guère,
Des lilas, y'en avait pas,
Z'étaient tous morts à la guerre,
Passés de vie à trépas.

J'suis tombé sur une belle
Qui fleurissait un peu là,
J'ai voulu greffer sur elle
Mon amour pour les lilas.

J'ai marqué d'une croix blanche
Le jour où l'on s'envola,
Accrochés à une branche,
Une branche de lilas.

Pauvre amour, tiens bon la barre,
Le temps va passer par là,
Et le temps est un barbare
Dans le genre d'Attila.

Aux coeurs où son cheval passe,
L'amour ne repousse pas,
Aux quatre coins de l'espace
Il fait le désert sous ses pas.

Alors, nos amours sont mortes,
Envolées dans l'au-delà,
Laissant la clé sous la porte,
Sous la porte des Lilas.

La fauvette des dimanches,
Celle qui me donnait le la,
S'est perchée sur d'autres branches,
D'autres branches de lilas.

Quand je vais chez la fleuriste,
Je n'achète que des lilas...
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là.


mercredi 14 juin 2017

Verlaine - Je devine, à travers un murmure


                     La version chantée du groupe "Les discrets"

La version moderne
du Groupe Chlore
- Diffusé par DEEZER -



Paul Verlaine - (1844-1896)

Romances sans paroles / Ariettes oubliées


Je devine, à travers un murmure

Je devine, à travers un murmure,
Le contour subtil des voix anciennes
Et dans les lueurs musiciennes,
Amour pâle, une aurore future !

Et mon âme et mon coeur en délires
Ne sont plus qu'une espèce d'oeil double
Où tremblote à travers un jour trouble
L'ariette, hélas ! de toutes lyres !

O mourir de cette mort seulette
Que s'en vont, cher amour qui t'épeures,
Balançant jeunes et vieilles heures !
O mourir de cette escarpolette !



La version classique
Compositeur : Federico Ibarra
Interprète : Maria Alejandres
- Diffusé par DEEZER -

mardi 13 juin 2017

Baudelaire - Les aveugles



Ecouter sur DEEZER
Interprétation du groupe Jeune Goinfre
Composition de Fabrice Brusson
Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Georges Chelon




Charles Baudelaire - (1821-1867)


Les aveugles

Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;
Terribles, singuliers comme les somnambules,
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie,
Comme s'ils regardaient au loin, restent levés
Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. Ô cité !
Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles,

Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,
Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?


lundi 12 juin 2017

Baudelaire - Le mort joyeux


        Son voeu n'a pas été respecté puisque Baudelaire
        est inhumé avec le général Aupick son beau-père.


Ecouter sur DEEZER
Interprétation du groupe Jeune Goinfre
Composition de Fabrice Brusson
Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Georges Chelon




Charles Baudelaire - (1821-1867)


Le mort joyeux

Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde,

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;
Plutôt que d'implorer une larme du monde,
Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

Ô vers ! noirs compagnons sans oreille et sans yeux,
Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ;
Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

A travers ma ruine allez donc sans remords,
Et dites-moi s'il est encor quelque torture
Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !



Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Laurent Fleury