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vendredi 19 décembre 2014

Supervielle - Mouvement



Ecouter la version chantée
Interprétation : Martinne Caplanne
Composition : Martine Caplanne
- Diffusé par DEEZER -



Jules Supervielle - (1884-1960)


Mouvement

Ce cheval qui tourna la tête
Vit ce que nul n’a jamais vu
Puis il continua de paître
A l’ombre des eucalyptus.

Ce n’était ni homme ni arbre
Ce n’était pas une jument
Ni même un souvenir de vent
Qui s’exerçait sur du feuillage.

C’était ce qu’un autre cheval,
Vingt mille siècles avant lui,
Ayant soudain tourné la tête
Aperçut à cette heure-ci.

Et ce que nul ne reverra,
Homme, cheval, poisson, insecte,
Jusqu’à ce que le sol ne soit
Que le reste d’une statue
Sans bras, sans jambes et sans tête.



Du même auteur :
Hommage à la Vie
Mouvement
Plein ciel
Pour un poète mort
Vivre encore

jeudi 18 décembre 2014

Supervielle - Hommage à la vie


        Jules Supervielle

Ecouter la version chantée
Interprétation : Hélène Martin
Composition : Hélène Martin
- Diffusé par DEEZER -



Jules Supervielle - (1884-1960)


Hommage à la Vie

C'est beau d'avoir élu
Domicile vivant
Et de loger le temps
Dans un coeur continu,
Et d'avoir vu ses mains
Se poser sur le monde
Comme sur une pomme
Dans un petit jardin,
D'avoir aimé la terre,
La lune et le soleil,
Comme des familiers
Qui n'ont pas leurs pareils,
Et d'avoir confié
Le monde à sa mémoire
Comme un clair cavalier
A sa monture noire,
D'avoir donné visage
A ces mots : femme, enfants,
Et servi de rivage
A d'errants continents,
Et d'avoir atteint l'âme
A petit coups de rame
Pour ne l'effaroucher
D'une brusque approchée.
C'est beau d'avoir connu
L'ombre sous le feuillage
Et d'avoir senti l'âge
Ramper sur le corps nu,
Accompagné la peine
Du sang noir dans nos veines
Et doré son silence
De l'étoile Patience,
Et d'avoir tous ces mots
Qui bougent dans la tête,
De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D'avoir senti la vie
Hâtive et mal aimée,
De l'avoir enfermée
Dans cette poésie.



Ecouter la version chantée
Interprétation : Martinne Caplanne
Composition : Martine Caplanne
- Diffusé par DEEZER -

Du même auteur :
Hommage à la Vie
Mouvement
Plein ciel
Pour un poète mort
Vivre encore

lundi 15 décembre 2014

Nerval - La damnation de Faust (4)



Ecouter sur DEEZER
Interprète : Francoise Pollet
Compositeur : Hector Berlioz



Gerard de Nerval d'après le Faust de Goethe


Un Roi de Thulé

Autrefois un Roi de Thulé
Qui jusqu'au tombeau fut fidèle
Reçut à la mort de sa belle
Une coupe d'or ciselé;

Comme elle ne le quittait guère
Dans les festins les plus joyeux
Toujours une larme légère
À sa vue humectait ses yeux.

Ce prince à la fin de sa vie
Lègue ses villes et son or,
Excepté la coupe chérie
Qu'à la main il conserve encor;

Il fait à sa table royale
Asseoir ses Barons et ses Pairs,
Au milieu d'une antique salle
D'un Château que baignaient les mers.

Le buveur se lève et s'avance
Auprès d'un vieux balcon doré,
Il boit et soudain sa main lance
Dans les flots le Vase sacré;

La vase tombe l'eau bouillonne
Puis se calme aussitôt après,
Le vieillard pâlit et frissonne,
Il ne boira plus désormais.



Ecouter sur DEEZER
Interprète : Susan Graham
Compositeur : Hector Berlioz

Du même auteur :
Artemis
Caligula - IIe Chant
D'amour l'ardente flamme (Faust)
Dans les bois
El desdichado
Epitaphe
La cousine
Laisse-moi
Le point noir
Le Relais
Merci, doux crépuscule (Faust)
Pensée de Byron
Piquillo
Politique
Résignation
Un Roi de Thulé (Faust)
Une allée du Luxembourg
Une puce gentille (Faust)
Vers dorés

vendredi 12 décembre 2014

Charles d'Orléans - Par les portes des yeux


Composé et interprété par Gaël Liardon - Son site officiel


Charles d'Orléans - (1391-1463)


Par lez portes dez yeulx et dez oreilles

Par lez portes dez yeulx et dez oreilles,
Que chascun doit bien sagement garder,
Plaisir mondain va et vient sans cesser
Et raporte de diverses merveilles.

Pource, mon cueur, s'a Raison te conseilles,
Ne le laissez point devers toy entrer
Par lez portes dez yeulx et dez oreilles
Que chascun doit bien sagement garder.

A celle fin que par lui ne t'esveilles,
Veu qu'il te fault desormais reposer.
Dy lui : "Va t'en, sans jamais retourner!
Ne revien plus, car en vain te traveilles."



Du même auteur :
À ce jour de Saint Valentin
Allez-vous-en, allez, allez
Dieu, qu'il la fait bon regarder
En regardant vers le pays de France
Hiver,vous n'êtes qu'un vilain
Je me metz en vostre mercy
Le temps a laissé son manteau
Les fourriers d'été sont venus
Petit mercier
Pour ce que Plaisance est morte
Priez pour Paix
Quand je fus pris au pavillon
Quant j'ai ouy le tabourin
Par les portes des yeux...

mardi 9 décembre 2014

Desbordes-Valmore - Un arc de triomphe


   Composé et interprété par Gaël Liardon - Son site officiel



Marceline Desbordes-Valmore - (1786-1859)


Un arc de triomphe

Tout ce qu'ont dit les hirondelles
Sur ce colossal bâtiment,
C'est que c'était à cause d'elles
Qu'on élevait un monument.

Leur nid s'y pose si tranquille,
Si près des grands chemins du jour,
Qu'elles ont pris ce champ d'asile
Pour causer d'affaire, ou d'amour.


En hâte, à la géante porte,
Parmi tous ces morts triomphants,
Sans façon l'hirondelle apporte
Un grain de chanvre à ses enfants.

Dans le casque de la Victoire
L'une, heureuse, a couvé ses oeufs,
Qui, tout ignorants de l'histoire,
Eclosent fiers comme chez eux.

Voulez-vous lire au fond des gloires,
Dont le marbre est tout recouvert ?
Mille doux cris à têtes noires
Sortent du grand livre entr'ouvert.

La plus mince qui rentre en France
Dit aux oiseaux de l'étranger
"Venez voir notre nid immense.
Nous avons de quoi vous loger."

Car dans leurs plaines de nuages
Les canons ne s'entendent pas
Plus que si les hommes bien sages
Riaient et s'entr'aimaient en bas.

La guerre est un cri de cigale
Pour l'oiseau qui monte chez Dieu ;
Et le héros que rien n'égale
N'est vu qu'à peine en si haut lieu.

Voilà pourquoi les hirondelles,
A l'aise dans ce bâtiment,
Disent que c'est à cause d'elles
Que Dieu fit faire un monument.



Du même auteur :
Berceuse sur un vieil air
C'est moi
Les cloches du soir
Les danses de Lormont
Les roses de Saadi
Les séparés
Ma chambre
Qu'en avez-vous fait
Un arc de triomphe

lundi 8 décembre 2014

Nerval - Résignation


   Composé et interprété par Alain Armel



Gerard de Nerval - (1808-1855)


Résignation

Quand les feux du soleil inondent la nature,
Quand tout brille à mes yeux et de vie et d'amour,
Si je vois une fleur qui s'ouvre, fraîche et pure,
Aux rayons d'un beau jour ;

Si des troupeaux joyeux bondissent dans la plaine,
Si l'oiseau chante au bois où je vais m'égarer,
Je suis triste et de deuil me sens l'âme si pleine
Que je voudrais pleurer.

Mais quand je vois sécher l'herbe de la prairie,
Quand la feuille des bois tombe jaune à mes pieds,
Quand je vois un ciel pâle, une rose flétrie
En rêvant je m'assieds.

Et je me sens moins triste et ma main les ramasse,
Ces feuilles, ces débris de verdure et de fleurs.
J'aime à les regarder, ma bouche les embrasse...
Je leur dis : O mes soeurs !

N'est-elle pas ma soeur cette feuille qui tombe,
Par un souffle cruel brisée avant le temps ?
Ne vais-je pas aussi descendre dans la tombe,
Aux jours de mon printemps ?

Peut-être, ainsi que moi, cette fleur expirante,
Aux ardeurs du soleil s'ouvrant avec transport,
Enferma dans son sein la flamme dévorante
Qui lui donna la mort.

Il le faut, ici-bas tout se flétrit, tout passe.
Pourquoi craindre un destin que chacun doit subir ?
La mort n'est qu'un sommeil. Puisque mon âme est lasse,
Laissons-la s'endormir.

Ma mère !... Oh ! par pitié, puisqu'il faut que je meure,
Amis, épargnez-lui des chagrins superflus,
Bientôt elle viendra vers ma triste demeure,
Mais je n'y serai plus.

Et toi, rêve adoré de mon coeur solitaire,
Belle et rieuse enfant que j'aimais sans espoir,
Ton souvenir en vain me rattache à la terre ;
Je ne dois plus te voir.

Mais si pendant longtemps, comme une image vaine,
Mon ombre t'apparaît... oh ! reste sans effroi :
Car mon ombre longtemps doit te suivre, incertaine
Entre le ciel et toi.



Du même auteur :
Artemis
Caligula - IIe Chant
D'amour l'ardente flamme (Faust)
Dans les bois
El desdichado
Epitaphe
La cousine
Laisse-moi
Le point noir
Le Relais
Merci, doux crépuscule (Faust)
Pensée de Byron
Piquillo
Politique
Résignation
Un Roi de Thulé (Faust)
Une allée du Luxembourg
Une puce gentille (Faust)
Vers dorés

jeudi 4 décembre 2014

Gautier - Fantaisies d'hiver


Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Anny et Jean-Marc Versini
Composition : Anny et Jean-Marc Versini
Ecouter sur DEEZER
Version instrumentale
Composition : Anny et Jean-Marc Versini



Théophile Gautier - (1811-1872)


Fantaisies d'hiver

I

Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'Hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.

Il chante d'une voix peu sûre
Des airs vieillots et chevrotants ;
Son pied glacé bat la mesure
Et la semelle en même temps ;

Et comme Haendel, dont la perruque
Perdait sa farine en tremblant,
Il fait envoler de sa nuque
La neige qui la poudre à blanc.

II

Dans le bassin des Tuileries,
Le cygne s'est pris en nageant,
Et les arbres, comme aux féeries,
Sont en filigrane d'argent.

Les vases ont des fleurs de givre,
Sous la charmille aux blancs réseaux ;
Et sur la neige on voit se suivre
Les pas étoilés des oiseaux.

Au piédestal où, court-vêtue,
Vénus coudoyait Phocion,
L'Hiver a posé pour statue
La Frileuse de Clodion.

III

Les femmes passent sous les arbres
En martre, hermine et menu-vair,
Et les déesses, frileux marbres,
Ont pris aussi l'habit d'hiver.

La Vénus Anadyomène
Est en pelisse à capuchon ;
Flore, que la brise malmène,
Plonge ses mains dans son manchon.

Et pour la saison, les bergères
De Coysevox et de Coustou,
Trouvant leurs écharpes légères,
Ont des boas autour du cou.

IV

Sur la mode Parisienne
Le Nord pose ses manteaux lourds,
Comme sur une Athénienne
Un Scythe étendrait sa peau d'ours.

Partout se mélange aux parures
Dont Palmyre habille l'Hiver,
Le faste russe des fourrures
Que parfume le vétyver.

Et le Plaisir rit dans l'alcôve
Quand, au milieu des Amours nus,
Des poils roux d'une bête fauve
Sort le torse blanc de Vénus.

V

Sous le voile qui vous protège,
Défiant les regards jaloux,
Si vous sortez par cette neige,
Redoutez vos pieds andalous ;

La neige saisit comme un moule
L'empreinte de ce pied mignon
Qui, sur le tapis blanc qu'il foule,
Signe, à chaque pas, votre nom.

Ainsi guidé, l'époux morose
Peut parvenir au nid caché
Où, de froid la joue encor rose,
A l'Amour s'enlace Psyché.



Du même auteur :
A une robe rose
Absence
Barcarolle
Carmen
Coquetterie posthume
Dernier Voeu
Fantaisies d'hiver
Infidélité
L'esclave
Lamento - Connaissez-vous la blanche tombe
Lamento - La Chanson du Pêcheur
La dernière feuille
Le Merle
Le spectre de la rose
Les matelots
Noël
Premier sourire du printemps
Seguidille
Sérénade
Seule
Tristesse
Villanelle rythmique