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mercredi 10 février 2016

Desbordes-Valmore - Dans l'été


Ecouter sur DEEZER
Composition : Reynaldo Hahn
Interprétation : Françoise Masset



Marceline Desbordes-Valmore - (1786-1859)


Dans l'été

Un danger circule à l'ombre,
Au chant de l'oiseau
Qui descend, quand il fait sombre,
Se plaindre au roseau;

Alors tout ce qui respire
Se prend à rêver
Et le ruisseau qui soupire
Semble l'éprouver.

Partout les nids et les ailes
Tremblent doucement,
Dénonçant, des tourterelles,
L'entretien charmant.

L'été brûle avec mystère
Dans les lits en fleurs
Des seuls amants de la terre
Sans haine et sans peur.

Été, si, trop jeune encore
Pour fuir un danger,
L'enfant rêveur que j'adore
S'attarde au verger,

Laisse dans l'errante nue
Ton charme cruel
Et garde de l'âme ingénue
Du plaisir mortel.



Du même auteur :
Berceuse sur un vieil air
C'est moi
J'étais à toi peut-être
L'oiseau
Le soir
Les cloches du soir
Les danses de Lormont
Les roses de Saadi
Les séparés
Ma chambre
Qu'en avez-vous fait
Un arc de triomphe

lundi 8 février 2016

Aznavour - A ma fille


                                Charles Aznavour et sa fille Katia

Ecouter la version
interprétée par Garou
Composition : Charles Aznavour
- Diffusé par DEEZER -

Ecouter la version originale
Interprétation : Charles Aznavour
Composition : Charles Aznavour
- Diffusé par DEEZER -



Charles Aznavour - (1924-)


A ma fille

Je sais qu'un jour viendra car la vie le commande
Ce jour que j'appréhende où tu nous quitteras
Je sais qu'un jour viendra où triste et solitaire
En soutenant ta mère et en traînant mes pas
Je rentrerai chez nous dans un "chez nous" désert
Je rentrerai chez nous où tu ne seras pas

Toi tu ne verras rien des choses de mon cœur
Tes yeux seront crevés de joie et de bonheur
Et j'aurai un rictus que tu ne connais pas
Qui semble être un sourire ému mais ne l'est pas
En taisant ma douleur à ton bras fièrement
Je guiderai tes pas quoique j'en pense ou dise
Dans le recueillement d'une paisible église
Pour aller te donner à l'homme de ton choix
Qui te dévêtira du nom qui est le nôtre
Pour t'en donner un autre que je ne connais pas

Je sais qu'un jour viendra tu atteindras cet âge
Où l'on force les cages ayant trouvé sa voie
Je sais qu'un jour viendra, l'âge t'aura fleurie
Et l'aube de ta vie ailleurs se lèvera
Et seul avec ta mère le jour comme la nuit
L'été comme l'hiver nous aurons un peu froid

Et lui qui ne sait rien du mal qu'on s'est donné
Lui qui n'aura rien fait pour mûrir tes années
Lui qui viendra voler ce dont j'ai le plus peur
Notre part de passé, notre part de bonheur
Cet étranger sans nom, sans visage
Oh! combien je le hais
Et pourtant s'il doit te rendre heureuse
Je n'aurai envers lui nulle pensée haineuse
Mais je lui offrirai mon cœur avec ta main
Je ferai tout cela en sachant que tu l'aimes
Simplement car je t'aime
Le jour, où il viendra


vendredi 5 février 2016

Bruant - A la place Maubert



Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Brassens
Composition : Georges Brassens
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter la version originale
Interprétation : Aristide Bruant
Composition : Aristide Bruant
- Diffusé par DEEZER -



Aristide Bruant - (1851-1925)


A la place Maubert

Je m'demande à quoi qu'on songe
En prolongeant la rue Monge
A quoi qu'ça nous sert
Des esquares, des estatues
Quand on démolit nos rues
A la place Maubert

Avant qu’on n’y démolisse
On craignait pas la police
L’été comme l’hiver
On était toujours à l’ombre
Dans un coin plus ou moins sombre
A la place Maubert

Quand on n'avait pas d'marmite
On bouffait chez l'père Lafrite
Pour un peu d'auber
Le soir, on levait une pétasse...
Un choléra sans limace
A la place Maubert

Pour trois ronds chez l'père Lunette
Où qu'chantait la môme Toinette
On s'payait l'concert
Pour six ronds au Château-Rouge
On sorguait avec sa gouge
A la place Maubert

Aussi, Bon Dieu ! j'vous l'demande
Quand y aura plus d'rue Galande
Plus d'Hôtel Colbert
Ousque vous voulez qu'ils aillent
Les purotins qui rouscaillent
A la place Maubert

Qu'on leur foute au moins des niches
Comme on en fout aux caniches
Qu'ils soyent à couvert
Sous quèqu' chose qui les abrite
Quans ils trouveront plus de gîte
A la place Maubert

Et quand ils r'fileront la cloche
Ils auront tous dans leur poche
Le surin ouvert
Et c'jour-là mes camarluches
La nuit, gare aux laquereauxmuches
De la place Maubert.



Une autre version
Interprétation : Marc Ogeret
Composition : Georges Brassens
- Diffusé par DEEZER -

Du même auteur :
A la place Maubert
La chanson des canuts
Les loupiots
Rue Saint-Vincent
Sur le tas

mercredi 3 février 2016

Leconte de Lisle - Phidylé


Ecouter la version chantée
Compositeur : Reynaldo Hahn
Interprète : Didier Henry
- Diffusé par DEEZER -



Leconte de Lisle - Etudes latines IX


Phidylé

Offre un encens modeste aux Lares familiers,
Phidylé, fruits récents, bandelettes fleuries;
Et tu verras ployer tes riches espaliers
Sous le poids des grappes mûries.

Laisse aux pentes d'Algide, au vert pays Albain,
La brebis qui promet une toison prochaine
Paître cytise et thym sous l'yeuse et le chêne ;
Ne rougis pas ta blanche main.

Unis au rosmarin le myrte pour tes Lares.
Offerts d'une main pure aux angles de l'autel,
Souvent, ô Phidylé, mieux que les dons plus rares,
Les Dieux aiment l'orge et le sel.



Du même auteur :
Annie
Epiphanie
La rose
Le colibri
Le parfum impérissable
Les Elfes
Les roses d'Ispahan
Lydia
Lydie
Néère
Nell
Phidylé
Pholoé
Salinum
Tu chantes les guerres Thèbaines
Tyndaris

mardi 2 février 2016

Leconte de Lisle - Annie


                Jeune fille au cygne - Pierre Auguste Renoir

Ecouter la version chantée
Interprétation de Lionel Peintre
Composition de Gabriel Dupont
- Diffusé par DEEZER -



Leconte de Lisle - Chansons écossaises


Annie

La lune n'était point ternie,
Le ciel était tout étoilé ;
Et moi, j'allai trouver Annie
Dans les sillons d'orge et de blé.
Oh ! les sillons d'orge et de blé !

Le coeur de ma chère maîtresse
Etait étrangement troublé.
Je baisai le bout de sa tresse,
Dans les sillons d'orge et de blé !
Oh ! les sillons d'orge et de blé !

Que sa chevelure était fine !
Qu'un baiser est vite envolé !
Je la pressai sur ma poitrine,
Dans les sillons d'orge et de blé.
Oh ! les sillons d'orge et de blé !

Notre ivresse était infinie,
Et nul de nous n'avait parlé...
Oh ! la douce nuit, chère Annie,
Dans les sillons d'orge et de blé !
Oh ! les sillons d'orge et de blé !



Du même auteur :
Annie
Epiphanie
La rose
Le colibri
Le parfum impérissable
Les Elfes
Les roses d'Ispahan
Lydia
Lydie
Néère
Nell
Phidylé
Pholoé
Salinum
Tu chantes les guerres Thèbaines
Tyndaris

lundi 25 janvier 2016

Hugo - Sérénade de Ruy Blas


        Emmanuel Chabrier

Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Camille Saint-Saëns
Interprète : Anne-Marie Rodde
Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Emmanuel Chabrier
Interprète : Renée Doria




Victor Hugo - (1802-1885)


Sérénade de Ruy Blas

À quoi bon entendre
Les oiseaux des bois?
L'oiseau le plus tendre
Chante dans ta voix.

Que Dieu montre ou voile
Les astres des cieux!
La plus pure étoile
Brille dans tes yeux.

Qu'avril renouvelle
Le jardin en fleur!
La fleur la plus belle
Fleurit dans ton coeur.

Cet oiseau de flamme,
Cet astre du jour,
Cette fleur de l'âme,
S'appelle l'amour!



Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Emmanuel Chabrier
Interprète : Franck Leguérinel

samedi 23 janvier 2016

Maurice Genevoix - Les vieux messieurs du Luxembourg



Ecouter la version chantée
Interprétation : Les Frères Jacques
Composition : Guy Lafarge
- Diffusé par DEEZER -



Maurice Genevoix - (1890-1980)


Les vieux messieurs du Luxembourg

Petit, propret, glissant, discret,
Dans son vieux pardessus râpé,
Le long des allées monotones,
D'Isabeau la blonde à Pomone.
Le dos vouté, le nez tendu,
Il déambule à pas menus
Sous les marronniers de l'automne.

À quoi songeant ? À quoi rêvant ?
Coeur léger, coeur vide ou coeur lourd,
Ainsi font, font, ainsi s'en vont,
Les vieux messieurs du Luxembourg.

Une balade à petits pas,
Pour la soif deux grains de raisin,
Et puis encore on se promène,
Bonjour Watteau, bonjour Verlaine,
Ah quels amis on aurait eu !
Si le bon dieu l’avait voulu !
Le garde siffle : on ferme, on ferme !

A quoi songeant, à quoi rêvant,
Cœur léger, coeur vide ou cœur lourd
Ainsi font font, ainsi s’en vont
Les vieux Messieurs du Luxembourg.

Il est resté dans le soir gris,
Seul dans un beau jardin d’oubli,
Seul avec pins, seul avec fleurs,
La nuit a penché sur l’aurore,
Même le roucoucou des ramiers
Jamais plus ne l'a réveillé,
Ni le merle et son chant sonore.

A quoi songeant, à quoi rêvant,
Cœur léger, coeur vide ou cœur lourd
Ainsi font font, ainsi s’en vont
Les vieux Messieurs du Luxembourg.


vendredi 22 janvier 2016

Hugo - La captive


        Esther Valentin accompagnée par Rie Akamatsu (piano) et Clemens Fieguth

Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Serge Kerval
Interprète : Serge Kerval
Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Hector Berlioz
Interprète : Karine Deshayes




Victor Hugo - (1802-1885)


La captive

Si je n'étais captive,
J'aimerais ce pays,
Et cette mer plaintive,
Et ces champs de maïs,
Et ces astres sans nombre,
Si le long du mur sombre
N'étincelait dans l'ombre
Le sabre des spahis.

Je ne suis point tartare
Pour qu'un eunuque noir
M'accorde ma guitare,
Me tienne mon miroir.
Bien loin de ces Sodomes,
Au pays dont nous sommes,
Avec les jeunes hommes
On peut parler le soir.

Pourtant j'aime une rive
Où jamais des hivers
Le souffle froid n'arrive
Par les vitraux ouverts,
L'été, la pluie est chaude,
L'insecte vert qui rôde
Luit, vivante émeraude,
Sous les brins d'herbe verts.

Smyrne est une princesse
Avec son beau chapel ;
L'heureux printemps sans cesse
Répond à son appel,
Et, comme un riant groupe
De fleurs dans une coupe,
Dans ses mers se découpe
Plus d'un frais archipel.

J'aime ces tours vermeilles,
Ces drapeaux triomphants,
Ces maisons d'or, pareilles
A des jouets d'enfants ;
J'aime, pour mes pensées
Plus mollement bercées,
Ces tentes balancées
Au dos des éléphants.

Dans ce palais de fées,
Mon coeur, plein de concerts,
Croit, aux voix étouffées
Qui viennent des déserts,
Entendre les génies
Mêler les harmonies
Des chansons infinies
Qu'ils chantent dans les airs !

J'aime de ces contrées
Les doux parfums brûlants,
Sur les vitres dorées
Les feuillages tremblants,
L'eau que la source épanche
Sous le palmier qui penche,
Et la cigogne blanche
Sur les minarets blancs.

J'aime en un lit de mousses
Dire un air espagnol,
Quand mes compagnes douces,
Du pied rasant le sol,
Légion vagabonde
Où le sourire abonde,
Font tournoyer leur ronde
Sous un rond parasol.

Mais surtout, quand la brise
Me touche en voltigeant,
La nuit j'aime être assise,
Etre assise en songeant,
L'oeil sur la mer profonde,
Tandis que, pâle et blonde,
La lune ouvre dans l'onde
Son éventail d'argent.