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vendredi 24 mars 2017

Jean Moréas - Avril sourit



Ecouter la version chantée
Interprétation : Melanie Boisvert
Composition : Philippe Gaubert
- Diffusé par DEEZER -



Jean Moréas - (1856-1910)


Avril sourit

Avril sourit, déjà plus douces me retiennent
Les rudes mailles du destin,
Et de riants pensers à présent me reviennent
Comme les feuilles au jardin.

Eh quoi ! Ce peu de miel dans la dernière goutte
Me serait-il enfin permis,
Ô sombre vie ? Hélas ! si c’est la peine toute,
Sommes-nous pas de vieux amis ?




Poèmes sur le mois d'avril
Rémy Belleau - Avril
Sully Prudhomme - Douceur d'avril
Théodore de Banville - Printemps d'avril
Anna de Noailles - Chanson pour Avril
Paul Bourget - Voici que le Printemps ce fils léger d'Avril
Jean Moreas - Avril sourit

mercredi 22 mars 2017

Armand Silvestre - Pensée de printemps


Ecouter la version chantée
Interprétation : Sally Silver
Composition : Jules Massenet
- Diffusé par DEEZER -



Armand Silvestre - (1837-1901)


Pensée de printemps

C'est l'espoir des beaux jours qui luit dans le ciel bleu,
Qui chante, au bord des eaux, dans le frisson des saules;
Et le soleil d'avril change en perles de feu
Les pleurs que le matin secoue à ses épaules.

L'âme des fleurs s'éveille au caprice de l'air
Qui porte sur nos fronts sa troublante caresse.
Enferme en toi, mon coeur, l'universelle ivresse !

Voici le temps d'aimer sous le ciel doux et clair.
Voici le temps de fuir vers les routes ombreuses
Où l'on marche à pas lents, une main dans la main,
Amoureux éperdus et blanches amoureuses,
Le temps de n'avoir plus, à deux, qu'un seul chemin !

Ah ! Tous les êtes éprisse cherchent dans l'espace,
Blessés du même mal dont nul ne veut guérir.
L'âme des fleurs s'éveille au vent léger qui passe.
Voici venir le temps d'aimer et d'en mourir !



Du même auteur :
Automne
Le plus doux chemin
Le ramier
Le secret
Les voyageur
Madrigal
Noël d'amour
Noël païen
Pensée de printemps
Tristesse
Voici que les grands lys

mercredi 15 mars 2017

Hugo - Après l'hiver


Ecouter la version chantée
Compositeur : Georges Bizet
Interprète : Nicolai Gedda
- Diffusé par YOUTUBE -




Victor Hugo - (1802-1885)

Les Contemplations


Après l'hiver

Georges Bizet a entrecroisé
les quatrains du poème "Après l'hiver"
et ceux d'"Une flûte invisible".


Tout revit, ma bien-aimée!
Le ciel gris perd sa pâleur;
Quand la terre est embaumée,
Le cœur de l'homme est meilleur.


Viens ! - une flûte invisible
Soupire dans les vergers.
La chanson la plus paisible
Est la chanson des bergers.


L'air enivre; tu reposes
À mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses!
Que de soupirs dans nos cœurs!


Le vent ride, sous l'yeuse,
Le sombre miroir des eaux.
La chanson la plus joyeuse
Est la chanson des oiseaux.


Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos cœurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.


Que nul soin ne te tourmente.
Aimons-nous! aimons toujours !
La chanson la plus charmante
Est la chanson des amours.



mardi 14 mars 2017

Hugo - Elle passa



Ecouter sur DEEZER
Composition : Bernard Ascal
Interprétation : Chris Papin




Victor Hugo - (1802-1885)

Les quatre vents de l'esprit


Elle passa

Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri.
C'était une grisette ou bien une houri.
Je ne sais si l'effet fut moral ou physique,
Mais son pas en marchant faisait une musique.
Quoi ! Ton pavé bruyant et fangeux, ô Paris,
A de ces visions ineffables ! Je pris
Ses yeux fixés sur moi pour deux étoiles bleues.
Fraîche et joyeuse enfant ! Moineaux et hochequeues
Ont moins de gaîté folle et de vivacité.
Elle avait une robe en taffetas d'été,
De petits brodequins couleur de scarabée,
L'air d'une ombre qui passe avant la nuit tombée,
Je ne sais quoi de fier qui permettait l'espoir.

Pendant que je songeais, croyant encor la voir
Même après qu'elle était enfuie et disparue,
Et que debout, pensif au milieu de la rue,
Contemplant, ébloui, cet être gracieux,
J'avais l'oeil dans l'espace et l'âme dans les cieux,
Une vieille, moitié chatte et moitié harpie,
Au menton hérissé d'une barbe en charpie,
Vêtue affreusement d'un sinistre haillon,
Effroyable, et parlant comme avec un bâillon,
Me dit tout bas : - Monsieur veut-il de cette fille ?


lundi 13 mars 2017

Brel - Au printemps



Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Jacques Brel
Composition : Jacques Brel



Jacques Brel - (1929-1978)


Au printemps

Au printemps au printemps
Et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc
Au printemps au printemps
Les amants vont prier Notre Dame du bon temps
Au printemps


Pour une fleur un sourire un serment pour l'ombre d'un regard
En riant toutes les filles vous donneront leurs baisers et puis tous leurs espoirs
Vois tous ces coeurs comme des artichauts
Qui s'effeuillent en battant pour s'offrir aux badauds
Vois tous ces coeurs comme de gentils mégots
Qui s'enflamment en riant pour les filles du métro

Pour une fleur un sourire un serment pour l'ombre d'un regard
En riant tout Paris se changera en baisers parfois même en grand soir
Vois tout Paris se change en pâturages
Pour troupeaux d'amoureux aux bergères peu sages
Vois tout Paris joue la fête au village
Pour bénir au soleil ces nouveaux mariages

Pour une fleur un sourire un serment pour l'ombre d'un regard
En riant toute la terre se changera en baisers qui parleront d'espoir
Vois ce miracle car c'est bien le dernier
Qui s'offre encore à nous sans avoir à l'appeler
Vois ce miracle qui devait arriver
C'est la première chance la seule de l'année



Du même auteur :
Au printemps
L'enfance
L'ivrogne
Le plat Pays
Les Marquises
Ne me quitte pas
On n'oublie rien
Rosa
Voir un ami pleurer

vendredi 10 mars 2017

Hugo - À cette terre



Ecouter sur DEEZER
Composition : César Franck
Interprétation : Catherine Dune




Victor Hugo - (1802-1885)

Les Rayons et les Ombres


À cette terre

À cette terre, où l'on ploie
Sa tente au déclin du jour,
Ne demande pas la joie.
Contente-toi de l'amour !

Excepté lui, tout s'efface.
La vie est un sombre lieu
Où chaque chose qui passe
Ébauche l'homme pour Dieu.

L'homme est l'arbre à qui la sève
Manque avant qu'il soit en fleur.
Son sort jamais ne s'achève
Que du côté du malheur.

Tous cherchent la joie ensemble ;
L'espoir rit à tout venant ;
Chacun tend sa main qui tremble
Vers quelque objet rayonnant.

Mais vers toute âme, humble ou fière,
Le malheur monte à pas lourds,
Comme un spectre aux pieds de pierre ;
Le reste flotte toujours !

Tout nous manque, hormis la peine !
Le bonheur, pour l'homme en pleurs,
N'est qu'une figure vaine
De choses qui sont ailleurs.

L'espoir c'est l'aube incertaine ;
Sur notre but sérieux
C'est la dorure lointaine
D'un rayon mystérieux.

C'est le reflet, brume ou flamme,
Que dans leur calme éternel
Versent d'en haut sur notre âme
Les félicités du ciel.


Ce sont les visions blanches
Qui, jusqu'à nos yeux maudits,
Viennent à travers les branches
Des arbres du paradis !

C'est l'ombre que sur nos grèves
Jettent ces arbres charmants
Dont l'âme entend dans ses rêves
Les vagues frissonnements !

Ce reflet des biens sans nombre,
Nous l'appelons le bonheur ;
Et nous voulons saisir l'ombre
Quand la chose est au Seigneur !

Va, si haut nul ne s'élève ;
Sur terre il faut demeurer ;
On sourit de ce qu'on rêve,
Mais ce qu'on a, fait pleurer.


Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire,
Ne nous plaignons pas, crois-moi.
Souffrons ! c'est la loi sévère.
Aimons ! c'est la douce loi.

Aimons ! soyons deux ! Le sage
N'est pas seul dans son vaisseau.
Les deux yeux font le visage ;
Les deux ailes font l'oiseau.

Soyons deux ! - Tout nous convie
À nous aimer jusqu'au soir.
N'ayons à deux qu'une vie !
N'ayons à deux qu'un espoir !

Dans ce monde de mensonges,
Moi, j'aimerai mes douleurs,
Si mes rêves sont tes songes,
Si mes larmes sont tes pleurs !


jeudi 9 mars 2017

Cadou - Hélène


    Hélène Cadou - Photo (c) André-Paul Jacques
Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Morice Benin




René Guy Cadou - (1920-1951)


Hélène

Je t'atteindrai Hélène
À travers les prairies
À travers les matins de gel et de lumière
Sous la peau des vergers
Dans la cage de pierre
Où ton épaule a fait son nid

Tu es de tous les jours
L'inquiète la dormante
Sur mes yeux
Tes deux mains sont des barques errantes
À ce front transparent
On reconnaît l'été
Et lorsqu'il suffit de savoir ton passé
Les herbes les gibiers les fleuves me répondent

Sans t'avoir jamais vue
Je t'appelais déjà
Chaque feuille en tombant
Me rappelait ton pas
La vague qui s'ouvrait
Recréait ton visage
Et tu étais l'auberge
Aux portes des villages.



Du même auteur :
Automne
Chambre d'hiver
Hélène
Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires
L'aventure marine
La fleur rouge
Le temps des villas vides
Les femmes d'Ouessant
Les maisons du destin
Lettre à des amis perdus
Testament