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mercredi 7 décembre 2016

Yves Duteil - Le mur de la prison d'en face


TARENTELLE - 1977
- 33T Emi Pathé Marconi C066 14498
- CD Emi Pathé Marconi 1144982 - réédition 1985
- CD Emi Music France 7243 5 23706 2 - réédition 1999


La version "duo"
Interprétation : Veronique Rivière et Yves Duteil
Paroles et musique : Yves Duteil
- Diffusé par DEEZER -



Yves Duteil


Le mur de la prison d'en face

En regardant le mur
De la prison d'en face,
J'entends tous les ragots
Et les bruits des autos,
Boulevard Arago,
Qui passent.
Sur les toits des maisons
Qui servent d'horizon,
Un bout de la tour Mont-
Parnasse.

L'hiver on voit les gens
Dans les maisons d'en face,
L'été les marronniers
Les cachent aux prisonniers
Et les bruits du quartier
S'effacent.
Quand l'école a fermé
Combien ont dû penser
Au jour de la rentrée
Des classes.

En regardant le mur,
J'imagine à sa place
Les grillages ouvragés
D'un parc abandonné
Explosant de rosiers,
D'espace,
Les grillages ouvragés
D'un parc abandonné
Où les arbres emmêlés
S'enlacent.

En regardant le mur
De la prison d'en face,
Le coeur un peu serré
D'être du bon côté,
Du côté des autos,
Je passe
Et du toit des maisons
Qui ferment l'horizon,
Un morceau de la tour
Dépasse.



Un son différent
Interprétation : Union of Sound
Paroles et musique : Yves Duteil
- Diffusé par DEEZER -

mardi 6 décembre 2016

Baudelaire - Au lecteur


Ecouter la version chantée
Composée et interprétée
par Georges Chelon
- Diffusé par DEEZER -




Charles Baudelaire - (1821-1867)


Au lecteur

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;

C'est l'Ennui ! - l'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !


lundi 5 décembre 2016

Baudelaire - Horreur sympathique


Ecouter la version chantée
Composée et interprétée
par Georges Chelon
- Diffusé par DEEZER -




Charles Baudelaire - (1821-1867)


Horreur sympathique

De ce ciel bizarre et livide,
Tourmenté comme ton destin,
Quels pensers dans ton âme vide
Descendent ? Réponds, libertin.

- Insatiablement avide
De l'obscur et de l'incertain,
Je ne geindrai pas comme Ovide
Chassé du paradis latin.

Cieux déchirés comme des grèves,
En vous se mire mon orgueil,
Vos vastes nuages en deuil

Sont les corbillards de mes rêves,
Et vos lueurs sont le reflet
De l'Enfer où mon coeur se plaît.


vendredi 2 décembre 2016

Anne Sylvestre - Mon mari est parti


                Pénélope filant par John Waterhouse

Ecouter la version chantée
composée et interprétée
par Anne Sylvestre
- Diffusé par DEEZER -



Anne Sylvestre - (1934- )


Mon mari est parti

Mon mari est parti un beau matin d'automne
Parti je ne sais où
Je me rappelle bien la vendange était bonne
Et le vin était doux

La veille nous avions ramassé des girolles
Au bois de Viremont
Les enfants venaient juste d'entrer à l'école
Et le temps était bon

Mon mari est parti un beau matin d'automne
Le printemps est ici
Mais que voulez-vous bien que le printemps me donne
Je suis seule au logis

Mon mari est parti, avec lui tous les autres
Maris des environs
Le tien Eléonore et vous Marie le vôtre
Et le tien Marion

Je ne sais pas pourquoi et vous non plus sans doute
Tout ce que nous savons
C'est qu'un matin d'octobre ils ont suivi la route
Et qu'il faisait très bon

Des tambours sont venus nous jouer une aubade
J'aime bien les tambours
Il m'a dit Je m'en vais faire une promenade
Moi je compte les jours

Mon mari est parti je n'ai de ses nouvelles
Que par le vent du soir
Je ne comprends pas bien toutes ces péronnelles
Qui me parlent d'espoir

Un monsieur est venu m'apporter son costume
Il n'était pas râpé
Sans doute qu'en chemin il aura fait fortune
Et se sera nippé

Les fleurs dans son jardin recommencent à poindre
J'y ai mis des iris
Il le désherbera en venant me rejoindre
Lorsque naîtra son fils

Mon mari est parti quand déjà la nature
Etait toute roussie
Et plus je m'en défends et plus le temps me dure
Et plus je l'aime aussi

Marion m'a-t-on dit vient de se trouver veuve
Elle pleure beaucoup
Eléonore s'est fait une robe neuve
Et noire et jusqu'au cou

Pour moi en attendant que mon amour revienne
Je vais près de l'étang
Je reste près du bord je joue et me promène
Je parle à mon enfant

Mon mari est parti un beau matin d'automne
Parti je ne sais quand
Si les bords de l'étang me semblent monotones
J'irai jouer dedans


jeudi 1 décembre 2016

Rimbaud - Marine


Ecouter la version chantée
Interprétation : Karina Gauvin
et les Violons du Roy
Composition : Benjamin Britten
- Diffusé par DEEZER -



Arthur Rimbaud - (1854-1891)


Marine

Les chars d'argent et de cuivre
Les proues d'acier et d'argent
Battent l'écume,
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt,
Vers les fûts de la jetée,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière.



Ecouter la version chantée
Interprétation : Barbara Hendricks
et le English Chamber Orchestra
Composition : Benjamin Britten
- Diffusé par DEEZER -

mercredi 30 novembre 2016

Rimbaud - Villes


Ecouter la version chantée
Interprétation : Karina Gauvin
et les Violons du Roy
Composition : Benjamin Britten
- Diffusé par DEEZER -



Arthur Rimbaud - (1854-1891)


Villes

Le texte chanté est en bleu

Ce sont des villes ! C'est un peuple pour qui se sont montés ces Alleghanys et ces Libans de rêve ! Des chalets de cristal et de bois qui se meuvent sur des rails et des poulies invisibles. Les vieux cratères ceints de colosses et de palmiers de cuivre rugissent mélodieusement dans les feux.

Des fêtes amoureuses sonnent sur les canaux pendus derrière les chalets. La chasse des carillons crie dans les gorges. Des corporations de chanteurs géants accourent dans des vêtements et des oriflammes éclatants comme la lumière des cimes. Sur les plates-formes au milieu des gouffres les Rolands sonnent leur bravoure. Sur les passerelles de l'abîme et les toits des auberges
l'ardeur du ciel pavoise les mâts. L'écroulement des apothéoses rejoint les champs des hauteurs où les centauresses séraphiques évoluent parmi les avalanches. Au-dessus du niveau des plus hautes crêtes une mer troublée par la naissance éternelle de Vénus, chargée de flottes orphéoniques et de la rumeur des perles et des conques précieuses, -- la mer s'assombrit parfois avec des éclats mortels. Sur les versants des moissons de fleurs grandes comme nos armes et nos coupes, mugissent.

Des cortèges de Mabs en robes rousses, opalines, montent des ravines. Là-haut, les pieds dans la cascade et les ronces, les cerfs tettent Diane. Les Bacchantes des banlieues sanglotent et la lune brûle et hurle. Vénus entre dans les cavernes des forgerons et des ermites. Des groupes de beffrois chantent les idées des peuples. Des châteaux bâtis en os sort la musique inconnue.

Toutes les légendes évoluent et les élans se ruent dans les bourgs.

Le paradis des orages s'effondre. Les sauvages dansent sans cesse la fête de la nuit.

Et une heure je suis descendu dans le mouvement d'un boulevard de Bagdad où des compagnies ont chanté la joie du travail nouveau, sous une brise épaisse, circulant sans pouvoir éluder les fabuleux fantômes des monts où l'on a dû se retrouver.

Quels bons bras, quelle belle heure me rendront cette région d'où viennent mes sommeils et mes moindres mouvements?



Ecouter la version chantée
Interprétation : Barbara Hendricks
et le English Chamber Orchestra
Composition : Benjamin Britten
- Diffusé par DEEZER -

mardi 29 novembre 2016

Rimbaud - Le dormeur du val

    Gustave Courbet a achevé son "Dormeur du val" (L'homme blessé)
    en 1854, année de naissance de Rimbaud.


Versions "modernes"

sur DEEZER
Interprétation :
Jean-Louis Aubert
Composition :
Jean-Louis Aubert

sur DEEZER
Interprétation :
Little Nemo
Composition :
Little Nemo

sur DEEZER
Interprétation :
Chanson+ Bifluorée
Composition :
Chanson+ Bifluorée

Versions "XXe siècle"

sur DEEZER
Interprétation :
Yves Montand
Composition :
Louis Bessières

sur DEEZER
Interprétation :
Jacques Douai
Composition :
Louis Bessières

sur DEEZER
Interprétation :
Patrick Janvier
Composition :
Gerard Delahaye



Arthur Rimbaud (1854-1891)


Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

7 octobre 1870




Versions "compositeurs / interprètes"

sur DEEZER
Interprétation :
Richard Ankri
Composition :
Richard Ankri

sur DEEZER
Interprétation :
Gerard Delahaye
Composition :
Gerard Delahaye

sur DEEZER
Interprétation :
A. et J.M. Versini
Composition :
A. et J.M. Versini

Du même auteur :
A la musique
Au cabaret vert
Bal des pendus
Bannières de mai
Being beauteous
Chanson de la plus haute tour
Départ
Enfance
L'Eternité
L’étoile a pleuré rose
La maline
Le balai
Le bateau ivre
Le buffet
Le coeur volé
Le dormeur du val
Le loup criait
Le Mal
Le pauvre songe
Les assis
Les chercheuses de poux
Les corbeaux
Les effarés
Les étrennes des orphelins
Les poètes de sept ans
Les réparties de Nina
Les soeurs de charité
Ma bohème
Marine
Mes petites amoureuses
Ophélie
Roman (On n'est pas sérieux...)
Rêvé pour l'hiver
Sensation
Soleil et chair (1)
Soleil et chair (2)
Soleil et chair (3)
Tête de faune
Villes
Voyelles

lundi 28 novembre 2016

Anne Sylvestre - La femme du vent


        Anne Sylvestre

Ecouter la version chantée
composée et interprétée
par Anne Sylvestre
- Diffusé par DEEZER -



Anne Sylvestre - (1934- )


La femme du vent

Maman, le vent me fait la cour
Le vent me trousse et m'éparpille
Le vent me souffle des discours
Pardi c'est ennuyeux ma fille
Ça l'est bien plus encor, Maman
Car le grand vent est mon amant

Fille folle amante du vent
Boucle ton corset
Baisse bien la tête
Méfie-toi : qui aime le vent
Engendre la tempête
Engendre la tempête


Maman, le vent partout me suit
Le vent me presse et me bouscule
Il pousse mes volets la nuit
Pardi tu seras ridicule
De quoi, ma fille, a-t-on bien l'air
En accouchant d'un courant d'air ?

Maman, le vent m'aime si fort
Que je dois ouvrir les fenêtres
Il ne veut plus coucher dehors
Et je crois qu'un enfant va naître
Fille, je m'en irai avant
D'être la grand-mère du vent

Maman, mon fils est né ce soir
J'en suis restée toute meurtrie
N'ai pas eu le temps de le voir
Il m'a laissée à ma folie
Et le voici parti, Maman
Aux trousses de son père le vent

Mes amours ne sont que du vent
Est-ce aussi le vent que j'ai dans la tête ?
Puisque tu me fuis, mon enfant
Je suivrai la tempête
Je suivrai la tempête