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jeudi 25 juin 2015

Ronsard - Petite nymphe folâtre


        Nymphe - Eduard Steinbruck

Ecouter la version chantée
Interprétation : Ensemble Clément Janequin
Composition : Clément Janequin
- Diffusé par DEEZER -
Ecouter l'interprétation
de l'ensemble Egidius Kwartet
- Diffusé par DEEZER -



Pierre de Ronsard - (1524-1585)


Petite nymphe folâtre

Petite nymphe folastre,
Nymphette que j'idolastre,
Ma mignonne dont les yeulx
Logent mon pis et mon mieux
Ma doulcette ma succrée,
Ma grace, ma citherée,
Tu me doibs, pour m'appaiser,
Mille fois le jour baiser.


lundi 22 juin 2015

Louise de Vilmorin - Les rimes du coeur


    Louise de Vilmorin

Ecouter la version chantée
Composée et interprétée
par Jean-Louis Walmond
- Diffusé par DEEZER -



Louise de Vilmorin - (1902-1969)


Les rimes du coeur

De ce temps si vite passé
Rien n’est resté à la patience.

Je n’eus pas le temps d’y penser
Ni de faire un traité d’alliance
J’ai tout pris et tout dépensé.

Chaque plaisir, chaque malaise
Trouvaient les mots qui font pâlir.

Rimes du cœur sous les mélèzes,
La forêt comprend le désir
Et pleurait pour que mieux je plaise.

J’ai pris le rire en sa saison
Quand il venait en avalanche.

Quand parfumés de déraison
S’ouvraient les jasmins à peau blanche
J’acceptais la comparaison.

Il faisait bon si j’étais bonne
Meilleur si je faisais semblant.

Les vœux qu’on ne dit à personne
Éveillés par le cri des paons
Chantaient au remords qui fredonne.

La neige tombe, ohé ! traîneau
Je vais partir en promenade.

La neige anoblit mon manteau
Je suis la reine des nomades
Dans mon lit à quatre chevaux.

Je suis la reine sans coutumes
Qui connaît tous les jeux anciens.

La parole était mon costume
Et la lune mon petit chien
Jaloux d’un astre qui s’allume.

Une larme au bord de mes cils
Je dois poursuivre mon voyage.

Beau château restez de profil,
Pour rebroder vos personnages
Je prends mon aiguille et mon fil.

Le bonheur est un invalide
Qui passe en boitant comme moi.

Il n’a pas l’épaule solide
Mais je sais ce que je lui dois :
Mon cœur est plein, j’ai les mains vides.


jeudi 18 juin 2015

Béranger - Waterloo


        La bataille de Waterloo par Clément-Auguste Andrieux

Ecouter sur DEEZER
Compositeur : Jean-Louis Murat
Interprète : Jean-Louis Murat



Pierre Jean de Béranger (1780-1857)


Waterloo

De vieux soldats m'ont dit:
Grâce à ta Muse,
Le peuple enfin a des chants pour sa voix.
Ris du laurier qu'un parti te refuse ;
Consacre encor des vers à nos exploits,
Chante ce jour qu'invoquaient des perfides,
Ce dernier jour de gloire et de revers.
J'ai répondu, baissant les yeux humides
Son nom jamais n'attristera mes vers,

Qui, dans Athènes, au nom de Chéronée
Mêla jamais des sons harmonieux ?
Par la fortune Athènes détrônée
Maudit Philippe, et douta de ses dieux.
Un jour pareil voit tomber notre empire,
Voit l'étranger nous rapporter des fers,
Voit des Français lâchement leur sourire.
Son nom jamais n'attristera mes vers.

Périsse enfin le géant des batailles !
Disaient les rois: peuples, accourez tous.
La Liberté sonne ses funérailles ;
Par vous sauvés, nous régnerons par vous.
Le géant tombe, et ces nains sans mémoire
A l'esclavage ont voué l'univers.
Des deux côtés ce jour trompa la Gloire.
Son nom jamais n'attristera mes vers.

Mais quoi! déjà les hommes d'un autre âge
De ma douleur se demandent l'objet.
Que leur importe en effet ce naufrage ?
Sur le torrent leur berceau surnageait.
Qu'ils soient heureux ! leur astre, qui se lève,
Du jour funeste efface les revers.
Mais, dût ce jour n'être plus qu'un vain rêve,
Son nom jamais n'attristera mes vers.



Du même auteur :
Le cinq mai
Le grillon
Le vieux vagabond
Ma République
Mon habit
Waterloo

mercredi 17 juin 2015

Musset - Adieux à Suzon


        L'interprétation de Bruno Laplante

Ecouter sur DEEZER
Interprété par Camille Maurane
Compositeur : Georges Bizet


Alfred de Musset - (1810-1857)


Adieux à Suzon

Adieu, Suzon, ma rose blonde,
Qui m'as aimé pendant huit jours ;
Les plus courts plaisirs de ce monde
Souvent font les meilleurs amours.
Sais-je, au moment où je te quitte,
Où m'entraîne mon astre errant ?
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours courant.

Je pars, et sur ma lèvre ardente
Brûle encor ton dernier baiser.
Entre mes bras, chère imprudente,
Ton beau front vient de reposer.
Sens-tu mon coeur, comme il palpite ?
Le tien, comme il battait gaiement !
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours t'aimant.

Paf ! c'est mon cheval qu'on apprête.
Enfant, que ne puis-je en chemin
Emporter ta mauvaise tête,
Qui m'a tout embaumé la main !
Tu souris, petite hypocrite,
Comme la nymphe, en t'enfuyant.
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Tout en riant.

Que de tristesse, et que de charmes,
Tendre enfant, dans tes doux adieux !
Tout m'enivre, jusqu'à tes larmes,
Lorsque ton coeur est dans tes yeux.
A vivre ton regard m'invite ;
Il me consolerait mourant.
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Tout en pleurant.

Que notre amour, si tu m'oublies,
Suzon, dure encore un moment ;
Comme un bouquet de fleurs pâlies,
Cache-le dans ton sein charmant !
Adieu ; le bonheur reste au gîte,
Le souvenir part avec moi :
Je l'emporterai, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours à toi.


lundi 15 juin 2015

Baudelaire - Spleen LXXV (Pluviose irrité)


        Photo : Marc Boucher

Ecouter la version chantée
Interprétation : Georges Chelon
Composition : Georges Chelon
- Diffusé par DEEZER -



Charles Baudelaire - (1821-1867)


Spleen LXXV

Pluviôse, irrité contre la vie entière,
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
Aux pâles habitants du voisin cimetière
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.

Mon chat sur le carreau cherchant une litière
Agite sans repos son corps maigre et galeux ;
L’âme d’un vieux poëte erre dans la gouttière
Avec la triste voix d’un fantôme frileux.

Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée
Accompagne en fausset la pendule enrhumée,
Cependant qu’en un jeu plein de sales parfums,

Héritage fatal d’une vieille hydropique,
Le beau valet de coeur et la dame de pique
Causent sinistrement de leurs amours défunts.


dimanche 14 juin 2015

Brassens - Le moyenâgeux



Ecouter sur DEEZER
Composé et interprété
par Georges Brassens



Georges Brassens - (1921-1981)


Le moyenâgeux

Le seul reproche, au demeurant,
Qu'aient pu mériter mes parents,
C'est d'avoir pas joué plus tôt
Le jeu de la bête à deux dos.

Je suis né, même pas bâtard,
Avec cinq siècles de retard.
Pardonnez-moi, Prince, si je
Suis foutrement moyenâgeux.

Ah ! que n'ai-je vécu, bon sang
Entre quatorze et quinze cent.
J’aurais retrouvé mes copains
Au Trou de la Pomme de Pin,

Tous les beaux parleurs de jargon,
Tous les promis de Montfaucon,
Les plus illustres seigneuries
Du royaume de truanderie.

Après une franche repue,
J’eusse aimé, toute honte bue,
Aller courir le cotillon
Sur les pas de François Villon,

Troussant la gueuse et la forçant
Au Cimetière des Innocents,
Mes amours de ce siècle-ci
N'en aient aucune jalousie...

J’eusse aimé le corps féminin
Des nonnettes et des nonnains
Qui, dans ces jolis temps bénis,
Ne disaient pas toujours "nenni",

Qui faisaient le mur du couvent,
Qui, Dieu leur pardonne ! souvent,
Comptaient les baisers, s'il vous plaît,
Avec des grains de chapelet.

Ces p'tites soeurs, trouvant qu'à leur goût
Quatre évangiles c'est pas beaucoup,
Sacrifiaient à un de plus
L'évangile selon Vénus.

Témoin : l'abbesse de Pourras,
Qui fut, qui reste et restera
La plus glorieuse putain
De moines du Quartier Latin.

À la fin, les anges du guet
M’auraient conduit sur le gibet.
Je serais mort, jambes en l'air,
Sur la veuve patibulaire,

En arrosant la mandragore,
L'herbe aux pendus qui revigore,
En bénissant avec les pieds
Les ribaudes apitoyées.

Hélas ! tout ça, c'est des chansons.
Il faut se faire une raison.
Les choux-fleurs poussent à présent
Sur le Charnier des Innocents.

Le Trou de la Pomme de Pin
N'est plus qu'un bar américain.
Y a quelque chose de pourri
Au royaume de truanderie.

Je mourrai pas à Montfaucon,
Mais dans un lit, comme un vrai con,
Je mourrai, pas même pendard,
Avec cinq siècles de retard.

Ma dernière parole soit
Quelques vers de Maître François,
Et que j'emporte entre les dents
Un flocon des neiges d'antan...

Ma dernière parole soit
Quelques vers de maître François...
Pardonnez-moi, Prince, si je
Suis foutrement moyenâgeux.


vendredi 12 juin 2015

Aragon - Le malheur d'aimer


        Elsa Triolet par Boris Taslitzky

Ecouter sur SPOTIFY
Composé et interprété
par Jean Ferrat



Louis Aragon - (1897-1982)


Le malheur d'aimer

Que sais-tu des plus simples choses
Les jours sont des soleils grimés
De quoi la nuit rêvent les roses
Tous les feux s'en vont en fumée
Que sais-tu du malheur d'aimer

Je t'ai cherchée au bout des chambres
Où la lampe était allumée
Nos pas n'y sonnaient pas ensemble
Ni nos bras sur nous refermés
Que sais-tu du malheur d'aimer

Je t'ai cherchée à la fenêtre
Les parcs en vain sont parfumés
Où peux-tu où peux-tu bien être
A quoi bon vivre au mois de mai
Que sais-tu du malheur d'aimer

Que sais-tu de la longue attente
Et ne vivre qu'à te nommer
Dieu toujours même et différente
Et de toi moi seul à blâmer
Que sais-tu du malheur d'aimer

Que je m'oublie et je demeure
Comme le rameur sans ramer
Sais-tu ce qu'il est long qu'on meure
A s'écouter se consumer
Connais-tu le malheur d'aimer


jeudi 11 juin 2015

Aragon - Les feux de Paris


Ecouter sur SPOTIFY
Composé et interprété
par Jean Ferrat



Louis Aragon - (1897-1982)


Les feux de Paris

Toujours quand aux matins obscènes
Entre les jambes de la Seine
Comme une noyée aux yeux fous
De la brume de vos poèmes
L'Île Saint-Louis se lève blême
Baudelaire je pense à vous

Lorsque j'appris à voir les choses
O lenteur des métamorphoses
C'est votre Paris que je vis
Il fallait pour que Paris change
Comme bleuissent les oranges
Toute la longueur de ma vie

Mais pour courir ses aventures
La ville a jeté sa ceinture
De murs d'herbe verte et de vent
Elle a fardé son paysage
Comme une fille son visage
Pour séduire un nouvel amant

Rien n'est plus à la même place
Et l'eau des fontaines Wallace
Pleure après le marchand d'oublies
Qui criait le Plaisir Mesdames
Quand les pianos faisaient des gammes
Dans les salons à panoplies

Où sont les grandes tapissières
Les mirlitons dans la poussière
Où sont les noces en chansons
Où sont les mules de Réjane
On ne s'en va plus à dos d'âne
Dîner dans l'herbe à Robinson

Qu'est-ce que cela peut te faire
On ne choisit pas son enfer
En arrière à quoi bon chercher
Qu'autrefois sans toi se consume
C'est ici que ton sort s'allume
On ne choisit pas son bûcher

A tes pas les nuages bougent
Va-t'en dans la rue à l'oeil rouge
Le monde saigne devant toi
Tu marches dans un jour barbare
Le temps présent brûle aux Snack-bars
Son aube pourpre est sur les toits

Au diable la beauté lunaire
Et les ténèbres millénaires
Plein feu dans les Champs-Elysées
Voici le nouveau carnaval
Où l'électricité ravale
Les édifices embrasés

Plein feu sur l'homme et sur la femme
Sur le Louvre et sur Notre-Dame
Du Sacré-Coeur au Panthéon
Plein feu de la Concorde aux Ternes
Plein feu sur l'univers moderne
Plein feu sur notre âme au néon

Plein feu sur la noirceur des songes
Plein feu sur les arts du mensonge
Flambe perpétuel été
Flambe de notre flamme humaine
Et que partout nos mains ramènent
Le soleil de la vérité